Basnage de Betaval, Ouvrage» dettavanlê, déeefhhre
illustres, le chef des modernes lui avait répondu d*un air victorieux : c II a plu au temps de faire passer cette mode.... je crois quMl faut le trouver bon et s*y accommoder ^ » RoUin, dans ses harangues universitaires, déplore avec une tristesse éloquente ce déclin des études grecques et latines. Un esprit judicieux, qui savait admirer à la fois les anciens et les modernes *, Fabbé Gédoyn, dé* nonce la décadence universelle des études latines, telle, dit-il, que « sur cinquante enfants qui sont dans mie classe , il n'y en a pas dix qui prennent du goût pour le latin, » et le dégoût du public « qui ne peut souffrir dans \eê ouvrages d*esprit les citations latines, quelque heureuses qu'elles puissent être. » c II semble, ajoute-t-il, que Ton n'écrit aujourd'hui que pour les femmes ou pour les ignorants. » Mais la plus forte peinture de la décadence des études classiques a été tracée par un érudit célèbre, dont les griefs contre les modernes dataient de loin, car il avait projeté de réfuter le traité de Charpentier sur YExcel^ lence de la langue française ; je veux parler de Périzonius. En 1708, devant l'Académie de Leyde, il prononça un discours divisé en deux parties : la description brillante de la renaissance des études classiques en Europe au xv« et au xvr siècle, et le tableau lugubre de leur déclin au commencement du xvin'. Périzonius laisse éclater dans ses paroles une douleur profonde de l'atteinte portée à l'antiquité par les nouvelles idées littéraires. C*est le désespoir du savant qui croit assister à la dissolution du vieux monde grec et latin ou il a vécu ; c'est le cri d'alarme du moraliste qui tremble de voir la passion des affaires succéder dans la jeunesse moderne à l'amour des lettres ; cri