‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 3)Chapitre 20 sur 199 · XX NOTICE · texte numérisé non relu

XX NOTICE

Le succès de M Rigault au Collège de France faisait désirer à tout le monde qu'il le continuât ; et, comme il ne devait professer qu'une seule année au Collège de France , ses amis cherchaient de quelle manière il pourrait avoir la parole à la Sorbonne. Une occasion se présentait. M. Nisard, désirant se faire suppléer dans sa chaire d'éloquence française, offrait avec beaucoup de bienveillance cette suppléance à M. Rigaulty et personne ne doutait que Tadministration supérieure ne s'empressât de ratifier ce choix. J'avoue, pour ma part, que si j'avais été ministre de l'instruction publique, je me serais mis à la discrétion de M. Rigault pour qu'il fît un cours à la Sorbonne, afin qu'à côté des vétérans de l'enseignement il y eût un jeune et brillant professeur qui fût d'une date et d'une ère nouvelles. Le bon esprit de M. Rouland pensait sans doute tout cela, et personne ne faisait plus de cas que lui du jeune professeur; mais on lui suggéra, j'imagine, qu'il fallait avoir M. Rigault tout entier et l'enlever à ses amis. Le ministre de l'instruction publique lui dit donc qu'il fallait opter entre la suppléance de M. Nisard à la Sorbonne avec d'autres faveurs et la collaboration du Journal des Débats. M. Rigault refusa de quitter le Journal des Débats; et sa conduite fut d'autant plus noble en cette circonstance qu'il aimait beaucoup le professorat public, et qu'il y avait déjà trouvé de grands succès. Je garde précieusement une belle lettre de M. Rigault me racontant l'audience dans

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