BIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE. III
que dire Thonneur des professeurs que leur vie est simple et^ si l'on veut, monotone. Ils n'échappent pas, nous le savons trop, aux fatales et inévitables douleurs de la vie humaine; ils perdent par la mort les êtres qu'ils chérissaient le plus, une fenfme, un fils, une fille; ils périssent eux-mêmes avant le temps; mais leur vie n'a pas d'aventures. Ils montrent leur esprit, leur cœur, leur caractère; ils cachent leur vie : et quand on approche d'eux pour les connaître de plus près, on est ému en découvrant je ne sais combien de bonheurs obscurs, ou de résignations généreuses, de dévouements modestes, les joies et les devoirs de la famille, la dignité de la conscience. En parlant ainsi Je pense à beaucoup de mes amis de l'Université, jeunes et vieux, et j'y pense en me souvenant de la vie heureuse et simple de Rigault. Sa personne et sa maison respiraient le conte ntement : j'aime encore mieux ce mot que celui de bonheur; car il n'y a d'heureux que ceux qui savent se contenter. Pourquoi le bonheur que l'homme prend surtout dans son âme et qui semble devoir lui appartenir en propre, n'est-il pas plus que les autres à l'abri des coups du sort? Un jour, dans un article qu'il faisait sur un de mes livres, M. Rigault parlait de moi comme d'un homme heureux : cela me fit trembler, et je lui écrivis bien vite en le remerciant de son charmant article : « Ne
est digne de celui dont elle raconte la vie; c'est aussi M. Mesnard qui a donné ses soins à ce recueil des œuvres de M. Rigault.