‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 3)Chapitre 73 sur 199 · I. Mémoires de Charles Perrault, liv. IV, p · texte numérisé non relu

I. Mémoires de Charles Perrault, liv. IV, p

ainsi qu*il le dit lui-même dans une de ses lettres, son propre personnage, < le chagrin de ce misanthrope contre les méchants vers ayant été, comme Molière me Ta confessé plusieurs fois lui-même, copié sur mon modèle ^ > Ce jour-là Boileau fut vraiment Alceste , et TAcadémie lui paraissant jouer le rôle de Philinte, il s*emporta contre TAcadémie :

Eh quoi! vil complaisant, vous louez des sottises!

Boileau , dit Perrault, qui raconte cette petite comédie à la fin de ses ^feniotre^, grondait tout bas, pendant que Huet, alors évëque de Soissons, qui siégeait à côté de lui, s'efforçait de le calmer, en lui représentant « que, s'il était question de prendre le parti des anciens, cela lui conviendrait mieux qu*à lui ; mais qu'ils n'étaient là que pour écouter. » Écouter ! c'est à quoi se refusait Boileau , qui , d'impatience, se leva avant la fin du discours, en s'écriant qu'une telle lecture était une honte pour l'Acadéofiie*. Cependant La Fontaine, assis de l'autre côté de Huet, paraissait rêver. Quelques jours après, en portant à l'évêque de Soissons une traduction de Quintilien , par Orazio Toscanella*, il lui offrit l'admirable épltre en l'honneur des anciens , où on lit ces beaux vers :

Quelques imitateurs, sot bétail, je l'avoue, Suivent en vrais moutons le pasteur de Mantoue. J'en use d'autre sorte, et, me laissant guider, Souvent à marcher seul j'ose me hasarder. On me verra toujours pratiquer cet usage : Mon imitation n'est pas un esclavage.

Je ne prends que l'idée, et les tours eMe lois

L LeUres de Boileau, t. III, p. 126. Éd. Berryat Saint- Prix.

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