‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 3)Chapitre 76 sur 199 · Voici la première de ces épigrammes · texte numérisé non relu

Voici la première de ces épigrammes

Clio vint Tautre jour se plaindre au dieu des vers

Qu'en certain lieu de l'univers On traitait d'auteurs froids, de poètes stériles,

Les Homères et les Virgiles.

«Cela ne saurait être, on s'est moqué de vous,

Reprit Apollon en courroux.

Où peut-on avoir dit une telle infamie? Est-ce chez les Hurons, chez les Topinamhous? — C'est à Paris. — C'est donc à l'hôpital des fous? — Non, c'est au Louvre, en pleine Académie. »» (1687.)

Cette épigramme ne fut pas imprimée dans Pédition de 169'*; mais elle se trouve dans celle de 1701. En voici une seconde :

J'ai traité de Topinamhous

Tous ces heaux censeurs, je Pavoue, Qui de l'antiquité si follement jaloux.

Aiment tout ce qu'on hait, hlâment tout ce qu*on loue :

Et l'Académie, entre nous,

Souffrant chez soi de si grands fous,

Me semhle un peu topinamboue.

Celle-ci fut communiquée sous le secret à Maucroix, dans une lettre du 16 avril 1695.

finie, et même sans lui refuser ses applaudissements. L'Académie n'était pas forcée d*applaudir ; mais elle avait raison de laisser à Perrault sa liberté tout entière et de respecter en lui le droit académique de médire publiquement des anciens, tant qu'il n'offensait en rien ni le roi, ni la religion, ni la morale. Mais Boileau» qui avait dit si spirituellement :

Qui méprise Gotin n'estime point son roi ,

Boileau tombait dans le travers dont il s'était moqué, et regardait l'incartade de Perrault comme l'équivalent d'un délit prévu par la loi. Il aurait voulu que l'Académie ôtât la parole au lecteur et qu'elle prononçât contre lui une exclusion au moins momentanée, en punition de ses fautes. Il prétendait que « la compagnie, en ne fermant pas la bouche à Charles Perrault, en lui laissant même ses portes ouvertes, opinait plus scandaleusement que lui contre les anciens. » Il ajoutait, dans l'impétuosité de sa colère, qu'il fallait changer la devise de l'Académie et mettre à la place une troupe de singes qui se miraient dans une fontaine, avec ces mots : Sihi pukhri, charmants pour eux seuls *. Ces violences faisaient les affaires de Perrault, et les Topinambous de l'Académie, comme les appelait Boileau, étaient plus nombreux qu'on ne croit. On sMmagine quelquefois, à la distance où nous sommes du xvn* siècle, que Perrault fut seul, ou presque seul de son parti. Nous sommes accoutumés à considérer le siècle de Louis XIV comme celui de la discipline dans la littérature, aussi bien que de l'obéissance dans la politique. Et pourtant sous le grand règne couva longtemps une opposition politique violente et silencieuse, qui fit ça et là explosion par des pamphlets ou des révoltes, rapidement

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