musique pedes Yitiosum ferre récusant
Corpus (Sat. vu, liv. H, y. 108.)
280 ÉTUDES UTTÉllAIRES ET MORALES.
plein de grâce. Il y a plusieurs manières de faire sa confession publique : à genoux, en se frappant la poitrine avec des pleurs, des sanglots, comme saint Augustin ; debout, la tête haute, la voix assurée, l'œil fier, comme lean-Jacques; ou bien, enfin, comme Sancho, en se donnant des étrivières sur Tarbrë voisèn, en se flagellant sur les épaules d'autrui. Horace n'appartient à aucune de ces écoles de pénitence : il n'a ni la componction, ni l'impudence, ni l'hypocrisie des dérivatifs. Il dit tout simplement : < J*ai péché, je le regrette, et je ne recommence pas moins, parce que je suis faible. » Son dernier mot, c'est le video meliara proboquCy détériora sequor ; c'était chez les anciens la confession des plus honnêtes gens. Ils rendaient hommage au devoir, sans avoir la force de n'y pas désobéir. La gymnastique morale à laquelle Horace s'est constamment exercé ne put le fortifier jusqu'à le rendre impeccable; il vécut toujours loin de la perfection. Mais elle affermit du moins dans son Ame le sentiment de la règle qui, même à l'époque de ses plus grands écarts, demeura toujours présente devant ses yeux avec une autorité inflexible :
Hic murus alieneus esto, Nil conscire sibi, nulla pallescere culpa^
Ce que je viens de dire suffirait à démontrer qu'Horace n'a pas été un faux moraliste, et qu'il a tâché sincèrement d'appliquer dans sa conduite les principes qu'il professait. Cependant on a contesté sa sincérité ; on l'a classé parmi ces philosophes bien rentes qui vantent les douceurs de l'indigence, et célèbrent la tempérance après un bon dîner. Il a chanté la médiocrité , dit-on ; le beau mérite ! il était riche. Il a décrit en vers modestes sa maison de campagne, son petit bouquet de bois et son ruisseau limpide. Plaisante