‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 4)Chapitre 26 sur 75 · Sat. V, liv. II, V · texte numérisé non relu

Sat. V, liv. II, V

2. Ép. I , liv. II , V. 177 : « Quem tulit ad scenam ventoso gloria curru,» etc.

délicieux, et Lancelot, un des meilleurs amis du poëte, pensait que la négligence y est volontaire, et qu*Horace y a ménagé quelques défauts ingénieux pour rendre ses vers plus semblables à la conversation (Sermonesy, Quoi qu*il en soit, plus étudié ou plus abandonné, le style d'Horace est toujours charmant : < Jamais écrivain, xlit Fénelon, n*a donné un tour plus heureux à sa parole pour lui faire signifier un beau sens avec brièveté et délicatesse. » Et Montaigne : « Horace ne se contente point d'une superficielle expression : elle le trahirait; il voit plus clair et plus outre dans Içs choses. Son esprit crochète et furète tout le magasin des mots et des figures pour se représenter, et les lui faut outre l'ordinaire, comme sa conception est outre l'ordinaire*. > On ne doit admettre, ce me semble, qu'avec de grandes réserves la seconde moitié de cet éloge de Montaigne. Fénelon est bien plus exact. Horace fait signifier un beau sens aux mots par le tour qu'il donne à sa parole ; mais il ne cherche pas des mots outre l'ordinaire. Son exemple servirait alors à justifier bien des écrivains qui se croient un tel nombre d'idées, que la langue doit ployer sous eux, et qui inventent de nouveaux mots, parce qu'ils pensent ce que personne encore, selon eux, n'a pensé. La langue classique du siècle d'Auguste suffisait aux idées d*Horace, et il s'en est contenté; il n'a pas pris de mots outre l'ordinaire, il a pris les mots de tout le monde; mais, suivant son précepte', il les a marqués de son empreinte. Personne ne vise moins qu'Horace à l'archaïsme ou au néologisme ; nul écrivain n'est plus simple et plus naturel ; nul n*est plus neuf et plus hardi : il ne s*est pas créé un vocabulaire personnel en inventant des termes nouveaux

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