‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 4)Chapitre 33 sur 75 · Art po^r.v · texte numérisé non relu

Art po^r.v

ni le Corsaire ni les Méditations; mais pour Timagination et la sensibilité, il irait au delà du Lutrin. Aimer le vrai et le beau, chérir la perfection^ (la médiocrité est défendue aux poètes)^ et par suite, chérir le travail et travailler sans cesse, dédaigner le jugement de la foule, n'écrire que pour l'élite des esprits, fuir les suggestions de l'orgueil , écouter les sages conseils, tenir toujours les yeux Oxés sur les antiques modèles, sur ces vieux poètes, interprètes des dieux, dont les premiers vers ont civilisé le genre humain, se dévouer tout entier à son œuvre, lui tout sacrifler, ses passions et ses plaisirs', voilà l'idéal qu'Horace se forme delà poésie; voilà les conditions qu'il impose aux poètes, en donnant lui-même, dans la mesure de sa faiblesse, l'exemple d'obéir. C'est pour avoir conçu une si haute idée de son art, c'est pour s'être fait admirer par ses chefsd'œuvre, aimer par son caractère, qu'Horace est aujourd'hui le plus vivant des écrivains de l'antiquité. On cultive encore pendant la première jeunesse d'autres poètes grecs et latins ; mais le plus souvent on prend congé d'eux à la fin des études ; ce sont des précepteurs dont on se souvient avec respect quand on a le cœur reconnaissant, mais dont on se sépare une fois l'éducation achevée. Horace est un ami, dont on peut se trouver éloigné longtemps ; mais il vient un jour où, soit dans la solitude et le repos, soit dans le trouble des affaires, nous avons besoin d'un conseiller afiEsctueux, qui nous fasse mieux connaître les autres et nous-mêmes ; qu'Horace se présente alors : avec quelle joie on lui tend les bras, comme à un vieil ami perdu et retrouvé ! Horace n'est pas un de ces auteurs d'école, avec

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