ROMÉO
C'était bien l'alouette et l'approche du jour. Non pas le rossignol. Regarde, cher amour. L'envieuse lueur dont la pourpre fatale Sur les bords du nuage à Torient s'étale.
Les astres de la nuit semblent s'évanouir Et sur les monts lointains, prête k s'épanouir, L'aurore, fleur des cieux humide de rosée, Rougit ainsi que toi, nia charmante épousée, n faut partir et vivre, ou rester et mourir.
JULIETTE
Non, non : la nuit n'est pas si rapide à courir. Ce feu lointain n'est point la lueur de l'aurore. Oh! je la connais bien! C'est quelque météore Que la bonté du ciel allume cette nuit Pour éclairer la route où mon époux s'enfuit. Beste donc un instant. Oh ! ne pars pas si vite !