‹ Œuvres complètes de H. Rigault (volume 5)Chapitre 31 sur 67 · Esclarage moderne ^ p. 55. ^ ?. Articles du Monde ^ p · texte numérisé non relu

Esclarage moderne ^ p. 55. ^ ?. Articles du Monde ^ p

celles-ci : « Le gouvernement n*a eu dès son origine que deux pensées : trahir la France au dehors, Tasservir au dedans^ » — < Les préfets sont autorisés à massacrer le peuple à leur gré, sans sommation préalable*. « — « La société li'est plus une société, c'est h peine un chenil'. > — • Le gouvernement noie dans la boue la conscience du peuple ^ > — «On sabre, on fusille, on assomme le peuple comme le bœuf à Tabattoir*. > Quand on a vu pendant plusieurs volumes un si puissant esprit se traîner dans l'ornière fangeuse d'une telle polémique, quand on l'a entendu définir éternellement la société un troupeau de bétes; les rois, des égorgeurs; les préfets, des assommeurs; les magistrats, des potences; les soldats, des bouchers; les ministres, des traîtres, et les députés, des vendus, on a besoin de se rappeler tout ce qu'il y avait eu autrefois d'admirable dans M. de Lamennais, pour ménager sa mémoire et lui conserver un respect qu'il n'a pas montré à de plus grands et de plus purs que lui. Qu'est-ce donc quand il prêche la révolte, qu'il eihorte le peuple à briser cette double chaîne spirituelle et temporelle « qui fait craquer les os populaires, » qu'il compare la liberté au ciel, que les violents seuls ravissent, qu'il pousse le cri : Aux armesl et qu'il fait de Jésus-Christ, comme Camille Desmoulins, je ne sais quel jacobin, complice de ses vengeances, et de l'Évangile, de ce livre où il est écrit que le royaume de Dieu n'est pas de ce monde, la loi divine de l'insurrection*! Dans les Paroles dvn croyant, dans tous ses autres pamphlets, ce que veut M. de Lamennais, ce n'est pas qu'on se résigne,

1. Le Gùuvemement tt le Payf , p. 6. — % Ihid. , p. 50. 3. Pnd., p. 79. — 4. Ibid., p. 85. — 6. Ibid., p. 89.

6. La librairie Vaton a publié la traduction extrêmement remarquable des Évangiles , par M. de Lamennais, en supprimant les eommentaires. A cette édition est jointe la traduction des Épîtres des apdtres et de Tipocalypte.

ce n'est pas môme qu'on oppose à la tyrannie la résistance légale! La résistance légale, qu'est-ce que cela? « C'est la résistance du cou à la hache qui tombe dessus. » Il veut qu'on s'arme, que l'on combatte, et, à ce prix, il promet à l'humanité une félicité universelle qu'il ne définit pas* t Que les rois s^entendent contre les peuples, s'écriait-il dès 1834, les peuples s'entendront contre les rois. Ne craignez point, ils se feront passage. Quelques sceptres en travers n'arrêteront pas le genre humain '. » En un mot, révolte et impuissance, voilà toute sa politique. Ce qu'il demande, ce qu'il appelle, ce n'est pas un nouveau gouvernement, c'est une révolution. Il veut à tout prix renverser, et il ne sait ni quoi ni comment rebâtir. Il n'a pas d'idées, il n'a que de la colère. Ce n'est pas même un tribun, c'est un destructeur.

Maintenant en religion qu'est-il devenu ? En 1836, dans les Affaires de Rame^ il avait consommé sa rupture avec le saint-siége et prédit la chute de la papauté : « bientôt il ne resterait plus au pontife solitaire qu'à se creuser une tombe à Técart avec le tronçon de sa crosse brisée. > Mais M. de Lamennais n'avait pas encore publié de manifeste religieux. Us Affaires de Rome n'étaient qu'un récit de voyage et une espèce de chronique scandaleuse du Vatican; les Paroles Sun croyant que le chant lyrique d'un Tyrléè révolutionnaire; le Livre du peuple qu'un mélange de rêves philosophiques de l'abbé de Saint-Pierre et de Condorcet avec les souvenirs de l'Évangile et les formules du Contrat social. Il n'y avait pas là proprement de profession de foi. n vous faut un dogme, disaient à M. de Lamennais ses admirateurs. Tout grand hérésiarque a le sien. M. de Lamennais reprit alors un ouvrage commencé en 1828 ou 1829, et depuis abandonné, un essai philosophique, conçu d'abord au

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