Menagianaj t. I, p
t. III, p. 75. — 4. Chevœrana^ p. 297.
— 2. Ibid., t. IV, p. 155. — 3. Ibid.
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poissons, ne nourrit que cinq mille hommes, une fois en sa vie, et saint François, avec une aune de toile, nourrit tous les jours, par un miracle perpétuel, quarante mille fainéants *. »
Mais il n'ignorait pas ses défauts, et les avouait avec une naïveté charmante. Un jour, saint François de Sales se plaignait à lui de son peu de mémoire. < Vous n'avez pas, lui dit Camus, à vous plaindre de votre partage, puisque vous avez la très-bonne part, qui est le jugement. Plût à Dieu que je pusse vous donner de la mémoire, 'qui m'afflige souvent de sa facilité (car elle me remplit de tant d'idées, que j'en suis suffoqué en préchant, et même en écrivant), et que j'eusse un peu de votre jugement! car de celui-ci, je vous avoue que j'en suis fort court. » A ce mot, saint François de Sales se mit à rire, et, l'embrassant tendrement, lui dit : « En vérité, je connais maintenant que vous y allez tout à la bonne foi. Je n'ai jamais trouvé qu'un homme avec vous qui m'ait dit n'avoir pas de jugement; car c'est une pièce de laquelle ceux qui en manquent davantage pensent être le mieux fournis*. >
Le saint juge bien son ami : c'est un homme tout à la bonne foi. Nous le connaissons maintenant : beaucoup de science et d'esprit, une mémoire immense, une modestie parfaite, un mélange de naïveté et de finesse, une piété solide, de la gaieté, de l'à-propos, mais pas de mesure, pas de goût : il ne lui manquait que le jugement.
Si quelque chose peut inspirer des réflexions mélancoliques sur la vanité de la gloire littéraire, c'est la lecture des pages où Niceron donne le catalogue des ouvrages de Camus. Il en compte cent quatre-vingt-six, dont quelquesuns, comme Alexis et les Diversités^ ont six et onze volumes. Dans cette interminable éuumération, on compte des ou-