Page
2. Camus, Esprit de saint François de Sales y partie IV, cbap. xxvi.
us ÉTUDES UTTÉRAIRfiS ET MORALES.
moines de tous ordres pour la leur enlever et la placer en de meilleures mains. En cela encore il était d'accoi:d avec saint François de Sales, qui disait : « Les religieux directeurs ont continué d*ôter la sainte liberté de ^esprit^ » Camus ajoute :
c Le divin auteur de PhUothée trouve que les directeurs séculiers ont un grand avantage sur les cénobites. Les cénobites se plaignent toujours de leur pauvreté, et cherchent un moyen d'enrichir leur communauté.... Ils louent Taumône pour qu'on leur donne de l'argent. 0 la belle pensée de saint Augustin! disent-ils, sur ce passage du Psalmiste : Dans les cèdres dû Liban que le juste a plantés , les passereaux feront leurs nids, < Ceux qui plantent les cèdres, c dit saint Augustin, ce sont les grands et les riches du « siècle; ils les donnent aux serviteurs de Dieu; ils y re* « cueillent les moineaux qui s'y nichent.... » (On reconnaît la gaieté et le goût équivoque du bon évéque.) Aussi n'ontils rien à refuser pour qu'on ne leur refuse rien. Ils sont complaisants, parce que de leur complaisance ils tirent influence et profit; ils sont doux pour les femmes, parce qu'ils emploient jusqu'à des femmes pour faire des sollicitations; ils se servent d'elles et de leurs impertinentes recommandations pour obtenir des grands et des princesses des bénéfices, des dignités, des prélatures.... Ils vous conduisent par les vallées de l'humilité, par où euxmêmes ne vont pas, cheminant sur les faites des montagnes et sur les ailes des vents*. »
Voilà le véritable motif de la guerre entreprise par Camus contre les moines. Us dirigent trop et dirigent mal. Ce n'est pas seulement à cause des désordres des couvents qu'il entreprend sa croisade ; ce n'est pas parce qu'il avait