Niceron, t. XXXVI, p
144 ÉTUDES UTTÉIiAJRES ET MORALES.
1er.... Que si saint Ambroise, cette grande lumière de TÉglise, ne voulut jamais donner son avis touchant le mariage, la guerre et les négociations, à quel propos un directeur, comme une Marthe empressée, s'ira-t-il embrouillant dans des conseils déménage, de rentes, d'oflBces, d'achats et de ventes, s* entremettant de tout cela sous le manteau de la charité, et souvent y engluant les ailes de ses désirs, comme parle saint Augustin? Je ne vous dis pas que sur tout cela on ne puisse résoudre les consciences, quand il arrive des cas douteux et qui troublent le repos des âmes scrupuleuses ; le soleil passant sur la boue n'infecte pas pourtant ses rayons. Je parle seulement de ceux qui s*ingèrent dans les affaires temporelles de ceux qui les consultent sur les spirituelles, appelés par saint Paul renverseurs de maisons et remueurs de familles. Us sont toujours sur les enquêtes curieuses et inutiles des biens et des revenus d*une maison; ils veulent savoir quelle dépense s'y fait, quelle épargne, quels sont les titres, les seigneuries, les possessions, quel train, quelle table, quelle chère, quelles aumônes on distribue, qui Ton fréquente, quelles sont les inclinations, quels desseins, quels bénéfices. Au reste, ces interrogations se font avec tant d'artifice et de subtilité que l'on ne s'en aperçoit pas, et tel ne pense avoir rien dit qui a découvert tout ce que l'on prétend. Si le mattre est plus réservé, la femme aura plus de langue; si le père et la mère ne disent rien, les enfants parleront, sinon les serviteurs ou servantes; enfin il n'y a rien de si caché que ces maîtres des enquêtes ne découvrent; et, comme ils chassent de haut vent et sans prendre le change, avec le temps, l'adresse et la patience, il n'y a point de gibier qui ne vient au point où bat leur intérêts » Ce portrait est d'une singulière énergie. Si l'on trouve