‹ Œuvres complètes de J. H. Raepsaet (volume 3)Chapitre 1 sur 43 · INDICATIONS DES CITATIONS · texte numérisé non relu

INDICATIONS DES CITATIONS

Don Bouquet indique U Recueil deêHiêtorimtê dee Gaulée.

O, de F. . . . . Itf ordonnancée de France, par De Laurière.

C, A, N» . . . , lee cotttumee Anglo-Normandee , par Hoaard.

A,U ' . anciennee loie dee Françaie, par Houard.

Spicilic Spicileg9um d'Aohery, eo 3 Tolomes in-folio.

Mjkmi Mirceif opéra omma, 4 Tolumes in-folio.

GHXSQUiiaB. . . . Acta Seleda SS, Belgii.

S.-Gbnou .... Index Chrond, dee Chariee de la chambre dee

comptée à Lille,

L'histoire des droits ciyils , politiques et religieux des Belges et Gaulois est encore un champ à défricher ; des compagnies illustres par leurs travaux littéraires et des saTans particuliers ont rassemblé des matériaux précieux pour rendre, un jour, ce yaste champ à la culture ; ils ont découvert , par d'infatigables recherches , un nombre infini de chartes intéressantes ; mais ces chartes ne sont que des fragmens et ne constituent point ce Veteris Memoriœ Ordtnem, que Cicéron exige pour l'histoire. Tous nos historiens, a dit le savant Yande Spiegel, dernier conseiller pensionnaire des états de Hollande , commencent par Tacite et passent , tout d'un saut, à l'époque de] nos comtes héréditaires, laissant ainsi une lacune de près de dix siècles , pendant lesquels , de laveu de l'estimable Wagenaar , nous ignorons comment nous avons été gouvernés et savons à peine ce que nous avons été.

' Cependant, des savans du premier ordre ont remarqué,

I depuis deux siècles, que nos mœurs, nos usages, nos cou-

\ tûmes et notre caractère , enfin , offraient encore une analogie

I frappante ayec le peu que nous connaissions des instituts des

^ Francs et des Germains dont nous sommes issus ; mais la

I fausse idée , que nous avions et que le vulgaire a encore ,

I du commencement, de la durée et de la nature du règne,

communément appelé Féodal, avait fait naître l'opinion , que cette législation féodale avait changé et détruit toute la législation préexistante des Francs , avait tout innové et nous avait tellement donné un nouvel être , que ce serait une entreprise inutile , que de chercher une analogie de nos lois et de nos mœurs avec celles des Francs et des Germains.

Ces £^ntiquaires , et principalement M. Van de Spiegel, dont je fis la connaissance en 1790 , pendant mon séjour à La Haye , comme député avec M. le comte Mérode, par les états-généraux des Pays-Bas , pour négocier la paix avec la maison d'Autriche , m'ont beaucoup engagé à combattre cette erreur commune , à prouver , que l'origine de nos droits civils et politiques doit être cherchée dans la législation des Francs et des Germains , et que celle-ci est passée dans nos coutumes homologuées, en traversant l'anarchie du règne féodal , laquelle n'a duré que du XI® jusque vers la fin du XII® siècle.

La révolution française ayant, bientôt après, entraîné les Pays-Bas dans son tourbillon , je suis rentré dans la vie privée et j'ai consacré , autant qu'il a dépendu de moi , mes loisirs au présent ouvrage.

Toutefois , pour essayer mes forces , j'ai préludé à mon entreprise par un Mémoire sur V Origine des Belges; je l'ai

feit suiyre par des Recherches sur les InaugiM^ations des Pays-Bas et par VHistùire de F Origine , de l'organisation et des Pouvoirs des Ètats^-Généraux et Provinciaux.

L'accueil qu'ont reçu , tant dans ce royaume , qu'en France , en Angleterre et en Allemagne , ces trois traites élémentaires de l'origine et des progrès du droit public des Gaules et de la Belgique , et les encouragemens des académies et des antiquaires particuliers, m'ont déterminé à entreprendre enfin le même travail sur l'origine des droits civils, politiques et religieux des Gaulois et des Belges et de le rendre public sous le titre diAniUyse.

Ce titre annonce assez , que je ne le produis point pour une histoire complète ; ce n'est que le résultat de mes recherches et de mes combinaisons pour arriver à la connaissance du système général de gouvernement et d'administration des diverses périodes qu'à parcourues la législation nationale pendant les treize premiers siècles.

Je feis paraître mon ouvrage sans le dédier à personne ; s'il est bon, il n'a pas besoin de recommandation; s'il est mauvais, un éloge complaisant y ajouterait encore le ridicule. Je recevrai avec reconnaissance les critiques décentes et mesurées ; j'en profiterai , si je ne puis pas les résoudre , mais je ne répondrai pas à des pamphlets ; mon Unique but est d'aider et d'être aidé à coopérer pour dissiper les ténèbres qui couvrent l'histoire intéressante du moyen-âge.

Je ne m'excuserai donc pas sur les défauts qui déparent mon ouvrage ; j'y en aperçois moi-même peut-être plus qu'on ne m'en reprochera.

Je l'ai écrit en français , parce que le royaume des Pays-Bas est divisé en deux langues ; et bien , qu'en écrivant en français ,

nous n'ayons pas cette délicatesse , ce poli élégant et ce fini qui caractérise , en France , les producttans de l'esprit et du goût, cela ne doit pas , selon l'expression d'un savant critique français , détourner un étranger de se servir de la langue française dans des ouvrages de sciences , dont le seul but est de rassembler les faits et de les mettre en ordre.

On ne confondra pas , d'ailleurs , cette analyse avec ces histoires, que la mode appelle discuta/ntes , dans lesquelles on nous montre un Scaliger , un Saumaise , lorsque nous voudrions rencontrer un Tacite ou un Tite-Live ; je n'ai pris pour garans , que des actes et des auteurs contemporains ; et à l'exemple des Bollandistes et des Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur , j'ai intercalé dans le texte même la citation de mon garant à l'appui de chaque point, au lieu de les rassembler toutes au bas de la page ou de l'article, parce que j'ai cru devoir, dans l'occasion rapporter le texte littéral de mon auteur , ce qui ne peut se faire commodément, suivant la dernière méthode (0.

Il n'a pas échappé à ces grands maîtres , que j'ai tâché de suivre en ceci , que cette multiplicité de citations et leur intercalation dans le texte , ôtent beaucoup à l'agrément de la lecture , dont elles interrompent sans cesse le fil ; mais ils ont considéré que , dans ces sortes d'ouvrages , l'agrément n'est que le but secondaire et que l'instruction en est le principal. Combien d'histoires des Gaules n'avons

(1) Les éditears de cette seconde édition n*ont pas cru devoir soivre cette méthode, car youlant donner a cette publication toute la beauté possible, ils ont pensé que ces intercallations en différents caractères ne pouvaient que nuire à l'élégance typographique ; que d'ailleurs la grande quantité de notes ajoutées a rendu ce changement nécessaire.

nous pas, qiii remontent jusqu'au siècle de Tacite, lesquelles ensuite nous donnent l'histoire de tous les siècles intermédiaires , sans citer un seul garant de leur récit , aussi serait-il difficile d'en trouver deux qui soient d'accord sur celle du moyen-âge ; ce ne sont donc pas là des histoires , ce sont des systèmes , qui devienent d'autant plus contradictoires et dangereux , lorsque l'esprit de parti s'y glisse.

Mais ces écarts ne sont plus à craindre , quand l'historien produit ses preuves à l'appui de chaque point qu'il avance ; alors le public , après avoir apprécié ces preuves , peut prononcer avec connaissance de cause entre l'imposture et la vérité.

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