PARTIE II, LETTRE IX. t
efficace une représentation ; les médiateurs euxmêmes n'ont point entendu l'y mettre, puisqu'ils ont déclaré ne vouloir porter nulle atteinte à l'indépendance de l'état, et qu'alors cependant ils auraient mis , pour ainsi dire , la clef du gouvernement dans leur poche «. Ainsi, dans le cas particulier , l'effet des représentations rejetées est de produire un Conseil général ; mais l'effet du droit même de représentation rejeté paraît être le recours à la garantie. Il faut que la machine ait en elle - même tous les ressorts qui doivent la faire jouer : quand elle s'arrête, il faut appeler l'ouvrier pour la remonte!'.
Je vois trop où va cette ressource, et je sens encore mon cœur patriote en gémir. Aussi , je le répète, je ne vous propose rien : qu'oserais-je dire? Délibérez avec vos concitoyens, et ne comptez les voix qu'après les avoir pesées. Défiez-vous de la turbulente jeunesse, de l'opulence insolente, et de l'indigence vénale; nul salutaire conseil ne peut venir de ces côtés-là. Consultez ceux qu'une honnête médiocrité garantit des séductions de l'ambition et de la misère ; ceux dont une honorable vieillesse couronne une vie sans reproche; ceux qu'une longue expérience a versés dans les affaires
" La conséquence d'un tel système eût été d'établir un tribunal de la médiation résidant à Cenève, pour connaître des transgressions des lois. Par ce tribunal la souveraineté de la république eût bientôt été détruite : mais la liberté des citoyens eût été beaucoup plus assurée qu'elle ne peut l'être si l'on ôte le droit de représentation. Or de n'être souverain que de nom ne signifie pas grand'chose ; mais d'être libre en effet signifie beaucoup.
publiques; ceux qui, sans ambition dans l'état, n'y veulent d'autre rang que celui 'de citoyens ; enfin ceux qui , n'ayant jainais eu pour objet dans leurs démarches que le bien de la patrie et le maintien des lois , ont mérité par leurs vertus l'estime du public et la confiance de leurs égaux.
Mais surtout réunissez-vous tous. Vous êtes perdus sans ressource si vous restez divisés. Et pourquoi le seriez - vous quand de si grands intérêts communs vous unissent ? Comment, dans un pareil danger, la basse jalousie et les petites passions osent - elles se faire entendre ? Valent - elles qu'on les contente à si haut prix? et faudra-t-il que vos enfants disent un jour en pleurant sur leurs fers : Voilà le fruit des dissensions de nos pères ? En un mot, il s'agit moins ici de délibération que de concorde : le choix du parti que vous prendrez n'est pas la plus grande affaire ; fùt-il mauvais en lui-même , prenez-le tous ensemble ; par cela seul il deviendra le meilleur, et vous ferez toujours ce qu'il faut faire , pourvu que vous le fassiez de concert. Voilà mon avis, monsieur, et je finis par où j'ai commencé. En vous obéissant, j'ai rempli mon dernier devoir envers la patrie. Maintenant je prends congé de ceux qui l'habitent ; il ne leur reste aucun mal à me faire , et je ne puis plus leur faire aucun bien.