PARTIE I, LETTRE II. 2IC
cf dans Timpulsion d'une conscience droite, dans les « lumières d'un entendement sain. Nous ne vous apte portons point une révélation nouvelle, nous nous « bornons à celle qui vous a été donnée , et que vous « n'entendez plus. Nous venons à vous , non pas avec « des prodiges, qui peuvent être trompeurs, et dont « tant de fausses doctrines se sont étay ées , mais avec « les signes de la vérité et de la raison , qui ne trom- « pentpoint,avec ce livre saint, que vous défigurez, « et que nous vous expliquons. Nos miracles sont « des arguments invincibles, nos prophéties sont « des démonstrations : nous vous prédisons que , si « vous n'écoutez la voix de Christ, qui vous parle « par nos bouches, vous serez punis comme des « serviteurs infidèles, à qui l'on dit la volonté de (c leur maître, et qui ne veulent pas l'accomplir. »
Il n'était pas naturel que les catholiques convinssent de l'évidence de cette nouvelle doctrine, et c'est aussi ce quela plupart d'entre eux se gardèrent bien de faire. Or on voit que la dispute étant réduite à ce point ne pouvait plus finir , et que chacun devait se donner gain de cause; les protestants soutenant toujours que leurs interprétations et leurs preuves étaient si claires qu'il fallait être demauvaise foi pour s'y refuser ; et les catholiques , de leur côté , trouvant que les petits arguments de quelques particuliers , qui même n'étaient pas sans réplique, ne devaient pas l'emporter sur l'autorité de toute l'Église , qui , de tout temps, avait autrement décidé qu'eux les points débattus.
Tel est l'état où la querelle est restée. On n'a cessé
de disputer sur la force des preuves; dispute qui n'aura jamais de fin , tant que les hommes n'auront pas tous la même tète.
Mais ce n'était pas de cela qu'il s'agissait pour les catholiques. Ils prirent le change , et si , sans s'amuser à chicaner les preuves de leurs adversaires, ils s'en fussent tenus à leur disputer le droit de prouver, ils les auraient emharrassés, ce me semble.
« Premièrement, leur auraient-ils dit, votre ma- « nière de raisonner n'est qu'une pétition de prin- « cipe; car si la force de vos preuves est le signe « de votre mission, il s'ensuit, pour ceux qu'elles « ne convainquent pas , que votre mission est fausse « et qu'ainsi nous pouvons légitimement, tous tant « que nous sommes, vous punir comme hérétiques, « comme faux apôtres, comme perturbateurs del'É- « ghse et du genre humain.
« Vous ne prêchez pas, dites-vous, des doctrines (c nouvelles : eh ! que faites-vous donc en nous pré- « chant vos nouvelles explications ? Donner un « nouveau sens aux paroles de l'Écriture, n'est-ce « pas établir une nouvelle doctrine? n'est-ce pas « faire parler Dieu tout autrement qu'il n'a fait? Ce « ne sont pas les sons, mais les sens des mots, qui « sont révélés: changer ces sens reconnus etfixés par « l'Eglise, c'est changer la révélation.
« Voyez de plus combien vous êtes injustes: vous « convenez qu'il faut des miracles pour autoriser « une mission divine ; et cependant vous , simples <■ particuliers, de voire propre aveu, vous venez « nous parler avec empire, et comme les envoyés de