AVIS DE l'i^DITEUR
l'évidence des faits , que de représenter Jean - Jacques avant de l'humeur de ce que sa querelle personnelle devenait une question générale , puisque c'est par la question générale qu'on en vint à la querelle personnelle , et que l'on commença par arguer de l'infraction des lois , par rappeler ce qu'elles prescrivaient, pour arriver au fait dans lequel elles étaient violées. C'est méconnaître la vérité que de laisser entrevoir Rousseau comme prenant part aux dissensions de Genève , comme en étant cause et s'en réjouissant. « La crainte du désordre et des « troubles que ma présence pouvait causer m'empêcha, « dit -il, d'acquiescer aux instances de mes amis ; et fi- « dèle au serment que j'avais fait autrefois de ne jamais " tremper dans aucune dissension civile de mon pays, « j'aimai mieux laisser subsister l'offense, et me bannir « pour jamais de ma patrie , que d'y rentrer par des « moyens violents et dangereux ^. »
Nous reviendrons sur ce sujet à l'occasion des Confessions 2 , et nous donnerons des détails qui démontreront jusqu'à l'évidence combien Rousseau fut étranger aux troubles de Genève, combien il en fut affligé, et les efforts cpi'il fît pour contribuer à les pacifier. Nous ne devons nous occuper ici que de l'histoire des Lettres de la Montagne ; elles sont au nombre de neuf. Dans la première et la sixième , Rousseau donne des explications sur les deux ouvrages pour lesquels on l'a condamné. Il développe la doctrine du Contrat Social qu'il analvse. Les seconde, quatrième et cinquième sont consacrées à faire
' Confessions , liv. xii.
' C'est-à-dire dans le Précis des particularités de la rie de Jean- Jacques , omises dans ses Confessions.