‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 108 sur 328 · ACHILLE, CLYTEMNESTRE · texte numérisé non relu

ACHILLE, CLYTEMNESTRE

ACHILLE

Tout succède, madame, jà mon empressement :

Le roi n a point voulu d'autre éclaircissement;

Il en croit mes transports ; et, sans presque m'entendre ',

Il vient, en m'embrassant, de m'accepter pour gendrej.

Il ne ma dit qu'un mot Mais vous a*t-il conté

Quel bonheur dans le camp vous avez apporté?

Les dieux vont s'apaiser : du moins Gaichas publie

Qu'avec eux, dans une heure, il nous réconcilie;

Que Neptune et les vents , prêts à nous exaucer,

N'attendent que le sang que sa main va verser.

Déjà dans les vaisseaux la voile se déploie ,

perd, ponr ainsi dire, dans les jouissances de Famoar maternel. L'obseiration de toutes ces bienséances est an des aTantages da théâtre françois sur celui de toutes les autres nations. (L.)

' Ces vers sont pleins d'adresse ; ils vont au-devant du reproche qn on pouvoit faire à Racine d'avoir laissé trop peu de temps à Fentrevue d*Agamemnon et d'Achille : Clytemnestre n'a eu que le temps de dire douze vers , et l'explication est finie, totfit est arrangé et conclu. Mais on conçoit aisément qu*Agamemnon devoit être trop confus et trop embarrassé pour soutenir un long entretien avec Achille. (6.)

* Cette fausseté d'Agamemnon , qui par •tout ailleurs aeroit odieuse, n'est ici que la preuve du malheur de a« aitnatioUf qui Je rédoit à cet eioès de foiblesse. (6.)

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