‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 107 sur 328 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

CLYTEMNESTRE

D'où vient que d'un soin si cruel < L'injuste Agamemnon m^écarte de Tautel?

Fier de son nouveau rang m'ose-t-il méconnaître? Me croit-il à sa suite indigne de paraître? Ou, de Tempire encor timide possesseur, N'oseroit-il d'Hélène ici montrer la sœur? Et pourquoi me cacher? et par quelle injustice Faut-il que sur mon front sa honte rejaillisse? Mais n'importe; il le veut, et mon cœur s'y résout. Ma fille, ton bonheur me console de tout > !

memnon. Quelques critiques ont dit que cette, résistance produitoit plus d'effet que la soumission très bien motivée que lui donne Racine. Gomment n'ont-ils pas vu que c'est un incouTënient très ((rave que de compromettre ti ce point l'autorité d' Agamemnon comme époux et comme roi, et que cela vise de très près au comique dans la plus tragique^es situations? Combien, au contraire, toutes les bienséances sont ménagées quand Agamemnon, après avoir compté sur la complaisance de Glytemnestre pour son mari, s'explique enfin en maître, et, après avoir dit :

Je le veux , et je vous le commande.

Obéisses,

se retire sans attendre de réplique, et comme ne doutant pas d'être pbéi ; «|uand Glytemnestre elle-même , ne sachant à quoi attribuer cet ordre imprévu, se console par cette pensée si touchante et si maternelle :

Bla fille, ton bonhew me eonsole de tout ! (L.)

' lïun soin , au lieu de par un soin , est une licence que lel •DtraTes de notre versification' font pardonner aux poètes.

* 0 y a de l'adrasse à couvrir cette petite- mortification, qui se

191 1PHI6ÉNIE.

Le ciel te donne Achille ; et ma joie est extrême

De t'entendre nommer... Mais le voici lui-même.

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