ARCA
Madame, tout est prêt pour la cérémonie. Le roi près de lautel attend Iphi{jénie ; Je viens la demander : ou^plutôt contre lui , Seigneur, je viens pour elle implorer votre appui «.
ACHILLE
Arcas, que dites-vous?
CLTTEMNESTBE.
Dieux ! que vient-il m'apprendre ?
ARCAS, à^cAtïfe.
Je ne vois plus que vous qui la puisse défendre*^
' Quelle 8cène ! c^nel coup de théâtre ! La fille et la mère sont au comble de leurs vœux, Acbille se félicite avec elles de son bonheur; et d*un seul mot Arcas détruit leur illusion. Obsefvez que ta révélation du secret d'Agamemnon fait bien plus d'effet dans Racine que chez le poëte grec. En effet, chez le dernier, l'esclave ne le révèle que devant Achille et la reine ; ici c*est devant AchiUe , devant Clyteranestre, devant Iphigénie^ et devant Ériphile; d*iui seul mot, Racine a mis en mouvemeot la tendresse de la nère^ Tamour de la lille , le caractère bouillant de Tamant, et la jalousie de la rivale. (L. B.) Voltaire, dans son admiration pour cette belle scène, dit : « Je sais que l'idée de cette situation est dans Euripide, « mais elle y «est comme le marbre dans la carrière , et c'est Rafi cine qui a construit le palais. »
* Quelques éditeurs ont ainsi corrigé ce vers.
Je ne vois plus que vous qui b puissies défendre :