‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 114 sur 328 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

Toat le camp même encore est trompé comme vous.

CLTTEMNESTRE.

Seigneur, c'est donc à moi d'embrasser vos genoux.

ACHILLE, larelevant.

Ah, madame!

CLYTBMNESTBE.

Oubliez une gloire importune "; Ce triste afbaissement convient à ma fortune : Heureuse si mes pleurs vous peuvent attendrir! Une mère à vos pieds peut tomber sans rougir. C'est votre éppuse, hélas! qui vous est enlevée; Dans cet heureux espoir je lavois élevée. C est vous que nous cherchions sur ce funeste bord ; Et votre nom, seigneur. Fa conduite à la mort ^. Ira-t-elle , des dieux implorant la justice, Embrasser leurs autels parés pour son supplice? Elle n a que vous seul : vous êtes en ces lieux Son père, son époux, son asile, ses dieux. Je lis dans vos regards la douleur qui vous presse. Auprès de votre époux, ma fille, je vous laisse. Seigneur, daignez m'attendre, et ne la point quitter. A mon perfide époux je cours me présenter :

' La fière Qytemnestre tombant nus pieds d'Achille, pour tui demander la vie de sa fille, offre une situation bien touchante, que Racine doit à Euripide. Dans Fan et dans l'autre poète le discours est digne de la situation ; mais le poëte grec n*a rien qui approche de cette élégante, de cette énergique préci^on. (G.)

* La plupart des éditeurs ont jugé à propos de corriger ce vers de la manière suivante :

Et votre nom , seigneur, la conduit à b mon. ( G.^

aoo 1PHI6ÉNIE.

Il ne soutiendra point la fioreur qui m*2^me. Il faudra que Calchas cherche une autre victûne : Ou, si je ne vous puis dérober à leurs coups, Ma fille , ils pourront bien m'inunoler avant vous.

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