‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 115 sur 328 · ACHILLE, IPHIGÉNIE · texte numérisé non relu

ACHILLE, IPHIGÉNIE

ACHILLE

Madame , je me tais , et demeure immobile. Est-ce à moi que Ion parle, et connott-on Achille? Une mère pour vous croit devoir me prier! Une reine à mes pieds se vient humilier l Et, me déshonorant par d'injustes alarmes. Pour attendrir mon cœur on a recours aux larmes! Qui doit prendre à vos jours plus d'intérêt que moi? Ah ! sans doute , on s'en peut reposer sur ma foi. L'outrage me regarde ; et, quoi qu'on entreprenne, Je réponds d'une vie où j'attache la mienne. Mais ma juste douleur va plus loin m'engager : C'est peu de vous défendre, et je cours vous venger, Et punir à-la-fois le cruel stratagème Qui s'ose de mon nom armer contre vous-même.

' Saivant nos mœurs, la biensëauce ne défend pas à une princesse de »entretenir seule avec un bomme ; mais il n en étoit pas ainsi chez les anciens , et c'est par Tignorance de leurs usages que nous ne sommes point choqués de voir Achille seul avec Iphigénie. Dans Euripide , sitôt qu'il voit Glytemnestre , il s*écrie : « 0 •I loid de la pudeur! • et veut se retirer. (L. R.)

Page 1