‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 119 sur 328 · ACTE III, SCÈNE Vil. ao · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE Vil. ao

Il me verra ^ madame ; et je vais lui parler > .

IPHIGÉNIfi.

Ah, madame!... Ah, seigneur! où voulez-vous aller?

ACHILLE

Et que prétend de moi votre injuste prière? Vous £aiudra-t-il toujours combattre la première?

GLTTEMNESTRE.

Quel est votre dessein , ma fille?

IPMIGÉNIE.

Au nom des dieux, Madame, retenez un amant furieux :

De ce triste entretien détournons les approches. Seigneur, trop d*amertume aigriroit vos reproches. Je sais jusqu'où s^emporte un amant irrité; Et mon père est jaloux de son autorité. On ne connolt que trop la fierté des Atrides. Laissez parler, seigneur, des bouches plus timides. ' Surpris, n'en doutez point, de mon retardement, Loi-même il me viendra chercher dans un moment : U entendra gémir une mère oppressée; Et que ne pourra point m'inspirer la pensée De prévenir les pleurs que vous verseriez tous, D arrêter vos transports, et de vivre pour vous !

ACHILLE

Enfin vous le voulez : il faut donc vous complaire. Donnez-lui Tune et l'autre un conseil salutaire : Rappelez sa raison; persuadez-le bien ,

' Dans la situation où Ton est, c'est Achille qui dit d*Agamem- Qon : n me verrai Cest là de la terreur; et combien celle que ▼» trmoigner Iphigénie ajoute à celle du spectateur ! (L.)

!io6 IFHIGÉNIE.

Pour vous, pour mon i*epos, et sur-tout pour le sien. Je perds trop de moments en des discours frivoles ■ ; Il faut des actions, et non pas des paroles.

( à Clyiemnestre. ) Madame, à vous servir je vais tout disposer : Dans votre appartement allez vous reposer. Votre 611e vivra , je puis vous le prédire. Croyez du moins , croyez que tant que je respire , Les dieux auront en vain ordonné son trépas : Cet oracle est plus sûr que celui de Galchas ^.

' Ce vers rondamne FAchlUe d*£aripide , qui perd un temps très long à assurer Clytemnestre qu*U sera son dieu tutélaire, que sa fille ne mourra point, et que son honneur Tobli^e à la défendre. (L. R.)

* Je ne sais pas si Euripide, qui a excellé dans le pathétique, étoit de force à peindre un pareil personnage ; ce qui est certain , c*est qu'il a laissé cette gloire à Homère et à Racine; cesi que ce> lui cpii dit: • Allei tous jeter aux pieds d'Agamemnon, et si vou& ■ n'obtenet rien , venex me retrouver ; » et qui finira par dire à Iphi- « génie résolue de mourir, ■ Si vous changez de résolution, je serai « auprès de Tautel pour vous défendre, • joue on l'Ole qui n'est ni théâtral ni poétique ; mais que celui qui dit à Clytemnestre ,

Votre fiUe vivra , je puis vous le prédire. Croyet du moins, croyes que tant que je respire » Lc^dîeux auront en vain ordonné son trépas, etc.

est VAchille de la tragédie et de l'épopée. (L.)

FIN DU TROISIÈME ACTK

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