‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 125 sur 328 · SCENE IVagAemnon, clytemnestre, iphigénie · texte numérisé non relu

SCENE IVagAemnon, clytemnestre, iphigénie

^GINE.

CLYTEMNESTRE

Venez, venez, ma fille, on n attend plus que vous >; Venez remercier un père qui vous aime,

' Comme dans ceUe traçëdie Tintérét s'ëchauffe toujours de scène en scène, que tout y marche de perfections en perfections, la grande scène entre Agamemnon, Clytemnestre, et Iph%énie, est encore supérieure à tout ce que nous ayons.yu. Rien ne fait jamais an théâtre un plus grand effet que des personnages qui renferment d'abord leur douleur dans le fond de leur ame. et qui laissent ensuite éclater tons les sei|^ents qui les déchirent. (Volt.)

' Cette magnifique scène a essuyé la critique de La Motte. jSui- ^'int cet écrivain, ce n*est que dana les délibérations et les conseils que les discours peuvent être continus ; par-tout ailleurs il faut

2i4 IPHIGÉNIE.

Et qui veut à l'autel vous conduire lui-même '.

AGAMEMIfOI)^.

Que vois-je? Quel discours' ISIa fille, vous pleurez. Et baissez devant moi vos yeux mal assurés : Quel trouble ! Mais tout pleure , et la fille et la mère. Ah ! malheureux Arcas , tu m'as trahi ^ !

IPHIGÉNIE

Monpère»

Cessez de vous troubler, vous n êtes point trahi : Quand vous commanderez, vous serez obéi. Ma vie est votre bien ; vous voulez le reprendre :

des interruptions fréquentes: «Iphigënie et Clytemnestre disent « ici tout ce quelles ont à dire sans être interrompues; et il D*est w pas naturel qu'au milieu d'intëréts si violents, des personnages « se donnent le loisir de se haranguer réciproquement. JAtendre ■ que quelqu un ait tout dit, pour lui répondre ensuite avœ^ordre, « n*est pas le caractère de la passion. » L'auteur ^ qui coanoisioit mieux les passions que La Motte, a voulu peindre dans ceUe scène un homme qui veut paroitre, devant sa femme et sa fille, agir sans passion , et par obéissance aux dieux. U ne répond rien à sa femme ; ainsi il n'y a point de plaidoyer entre eux : s*il répond à sa fille, ce n'est que pour l'exhorter à l'obéissatice , et l'encourager. Si dans cette scène les personnages s'interrompoient , ce seroit une querelle entre un père, sa fille, et sa femme. Il n'y auroit aucune dignité; et elle est observée lorsqu'un roi donne à son épouse et à sa fille le temps de lui dire tout ce qu'elles ont à lui dire, et les écoute tranquillement. (L. R.)

' Ironie amère extrêmement théâtrale, parcequelle fiorte le trouble dans le cœur d'Agamemnon , et lui apprend que ses desseins sont découverts. Ce malheureux roi, surpris comme dans un piège entre sa femme et sa fille, se trouve dans la situation la pins tragique. (G.)

* Voyez Ylphigénie d'Euripide, act. V, se. m.

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