‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 129 sur 328 · ACTE IV, SCÈNE IV. aai · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV. aai

Et voulez, par ce prix, épouvanter Faudace De quiconque vous peut disputer votre place. Est-ce donc être père? Ah! toute ma raison Cède à la cruauté de cette trahison.

Un prêtre, environné d'une foule cruelle, Portera sur ma fille une main criminelle. Déchirera son sein, et, d'un œil curieux, Dans son cœur palpitant consultera les dieux! Et moi , qui l'amenai triomphante , adorée , Je m'en retournerai seule et désespérée! Je verrai les chemins encor tout parfumés Des fleurs dont sous ses pas on les avoit'semés! !Non, je ne l'aiirai point amenée au supplice, Ou vous ferez aux Grecs un double sacrifice. Ni crainte ni respect ne m'en peut détacher: De mes bras tout sanglants il faudra l'arracher. Aussi barbare époux qu'impitoyable père , Venez , si vous l'osez, la ravir à sa mère '. El vous , rentrez, ma fille, et du moins à mes lois Obéissez encor pour la demièreTois >.

' Dans Enripide, Glytemnestre menace son mari par deux fois do tnrible exemple qa*il donne contre lui-même , et lui fait entendre clairement qu'on pourra le traiter comme il a traite sa fille. Racine, qui a profite habilement de tout ce qui ëtoit bon à prendre dans son original, mais qui ne doit qn*à lui-même tous les traits les plus sublimes du sentiment maternel exalte par le désespoir. Racine ayoit trop de jugement |>our commettre la même faute qu'Euripide. Quelle maladresse , dans le moment où cette femme est si intéressante comme mère, de faire souvenir le spectateur qu'elle sera un monstre comme épouse î (L.)

* Les comédiens se donnent la liberté de supprimer ces deux

2M IPHIGÉNIE

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