‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 15 sur 328 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

PHARNA«E, XIPHARËS.

PHARNACE, À^Mirl.

Bfithridate revient! Ah^ fortune cruelle !

Ihb vie et mon amour tous deux courent hasard ■ .

Les Romains que j^attends arriveront trop tard :

{à Xipharès.) Gonunent faire? J^'entends que votre cœur soupire, Et j'ai conçu ladieu qu'elle vient de vous dire. Prince ; mais ce discours demande un autre temps ^ : ^ Nous avons aujourd'hui des soins plus importants.

' Le style, dans cette dernière scène, n'est pas moins admirable que la conduite : tout y est sage, précis, élégant ; tous les traits sont justes : le caractère des deux frères se peint dant leurs discours. Cependant on peut reprendre cette expression, courir hatardy qui ne paroit pas digne du reste. (G.)

* Vab. Mais nous en parlerons peut-être en d'antrei temps.

.3o MITHRIDATE.

Mithridate revient, peut-être inexorable:

Plus il est malheureux, plus il est redoutable ; Le péril est pressant plus que vous ne pensez. Nous sommeg criminels; et vous le connoissez : « Rarement Tamitié désarme sa colère ;

Ses propres fils n ont point de juge plus sévère ;

Et nous lavons vu même à ses cruels soupçons

Sacrifier deux fils pour de moindres raisons.

Craignons pour vous, pour moi, pour la reine elle-même;

Je la plains d'autant plus que Mithridate Taime.*

Amant avec ti*ansport, mais jaloux sans retour,

Sa haine va toujours plus loin que son amour.

Ne vous assurez point sur Tamour qu'il vous porte :

Sa jalouse foreur n'en sera qflé plus forte.

Songez-y. Vous avez la faveur des soldats;

Et j'aurai des secours que je n'explique pas.

M'en^roirez-vous? Courons assurer notre grâce :

Rendons-nous, vous et moi, maîtres de cette plaoe;

Et faisons qu'à ses fils il ne puisse dicter

Que les conditions qu'ils voudront accepter.

XIPHARÈS

Je sais quel est mon crime, et je connois mon père; Et j'ai par-dessus vous le crime de ma mère; Mais quelque amour encor qui me pût éblouir, Quand nion père parott, je ne sais qu'obéir.

PHARNAGE.

Soyons-nous donc au moins fidèles l'un à l'autre : Vous savez mon secret; j'ai pénétré le vôtre. , Le roi, toujours fertile en dangereux détours, S'armera contre nous de nos moindres discours :

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