SCENE IV
MONIME, PHARNAGE, XIPHARÈS, PHQEDIME.
PHQEDIME.
Princes» toute la mer est de vaisseaux couverte > ; Et bientôt, démentant le faux bruit de sa mort, Mithridate lui-même arrive dans le port.
MONIMB. *
Mithridate!
XIPHABÈS. 9
Mon père!
' Qnel coup «le théâtre! Quel changement dans la situation de tous les personnages! Et c*est une confidente, avec un simple message, qui produit ce grand mouvement! Cest ainsi que, dans Phèdre, le messie de Panope, qui vient annoncer la mort de Thësée, fait prendre à la scène une face nouvelle. Ici, nous voyons deux frères et deux rivaux sur le point d*en venir aux mains; Monime, prête à devenir la proie dePhamace, ou la conquête de Xipharès, lorsque, tout-à-coup, Tarrivëe de Mithridate remet la reine sous le joug d*nn vieux mari, et les deux frères sous Tautoritë d*un père soupçonneux et cruel, qui, pour satisfaire sa jalousie et sa vengeance, compte pour rien la vie de ses femmes et de ses enfants. Monime, confuse et troublée, se retire. Phamace , fidèle à son caractère, voit le danger, combine ses ressources^ et propose à son frèr^ une révolte ouverte. Xipharès, non moins éclairé sur \§ danger, mais plus délicat sur les ressources, prend le parti de la soumission. Tous les traits sous lesquels on peint Mithridate dans cette scène contribuent à augmente! Tintérêt, en augmentant les alarmes du specuteur sur le sort de Xipharès et de Monime. Il n'y a point de premier acte qui se termine d'une manière plus théâtrale, et qui laisse une plus vive attente : c'est la perfection de l'art. (G.)