‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 213 sur 328 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

La charmante Aricie a-t-elle su vous plaire '?

HIPPOLYTE

Théraméne , je pars , et vais chercher mon père >.

THÉRAMÉNE.

Ne verrez- vous poiAt Phèdre avant que de partir, Seigneur? *

HIPPOLYTE

C'est mon dessein : tu peux Fen avertir. Voyons-la, puisque ainsi mon devoir nfe l'ordonne. Mais quel nouveau malheur trouble sa chère OEnone?

> Ce dernier vers est do style de la comédie, et termine d'une manière un peu foible dix vers d'une poésie admirable. Nous remarquerons que la question de Théraméne ne peut être placée ici que pour faire ressortir davantage le caractère sauvage d'Hippo*lyte. Cest un de ces traits sur lesquels il faut réfléchir, et que Ra<* cine a toujours l'art de placer à propos. Théraméne ne doit point ignorer l'amour d'Hippolyte , qui vient de lui dire : Si je la haîiwîft , je ne la fuirois pas.

Son interrogation n'a donc d'autre objet que d'ajouter un trait de plus au caractère d'un jeune héros qui ne veut pas avouer son amour, parcequ'il le regarde comme une foiblesse.

* La manière dont cette conversation est coupée mérite d'être remarquée. L'amour d'Hippolyte est suffisamment entrevu par le spectateur pour le préparer à la déclaration qu'il entendra au se« cond acte, et qui ne ressemblera pas à ces déclarations subites et îflBprévues, si fréquentes sur notre théâtre, et malheureusement d'après l'exemple de Corneille: c'estiune faute grave que Racine n'a jamais commise. Il savoit trop bien que, dans le drame, tout exige des préparations, et que rien sur^tout n'est si ridicule qu'un amour qui toifabe pour ainsi dire des nues, comme celui de Maxime, au quatrième acte de Cinna. D^' plu», H*npolyte laisse deviner son amour, et ne l'avoue pas : il ^e l'avouera que devant Aricie, et an moment de se séparer d'elle. Il conveooit que le sauvage Hippolyte regardât comme une foiblesse l'amour même le

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