‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 22 sur 328 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Ah! c est le moindre prix qu'il se doit proposer,

Si le ciel de mon sort me laisse disposer.

Oai, je respire, Arbate, et ma joie est extrême :

Je tremblois, je Tavoue, et pour un fils que j'aime.

Et pour moi qui craignois de perdre un tel appui.

Et d avoir à combattre un rival tel que lui.

Que Phamace m offense, il orare à ma colère

Un rival dès longtemps soigneux de me déplaire,

Qui toujours des Romain^ admirateur secret,

Ne s'est jamais contre eux déclaré qu'à regret;

Et s'il faut que pour lui Monime prévenue

Ait pu porter ailleurs une amour qui m'est due ,

Malheur au criminel qui vient me là ravir.

Et qui m'ose offenser et n'ose me servir!

L'aime-t-elle?

ARBATE. *

t Seigneur, je vois venir la reine.

Dieux , qui voyez ici mon anyiur et ma haine , ' Épargnez mes malheurs , et daignez empêcher * Que je ne trouve encor ceux que je vais chercher! Arbate, c est assez : qu'on me laisse avec elle.

' Epargnez ma douleur est une phrase commune. Épargnez mes malheurs est de la ve'ritable élëgance, de celle des grands ëcrivains : mais combien elle a peu de juges! (L.)

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