ACTE V, SCÈNE III
Comment soufiFriez-vous cet horrible partage?
ARICIE
Et conunent souffrez-vous que d'horribles discours D'une si belle vie osent noircir le cours? Avez-vous de son cœqr si peu de connoissance? Discernez-vous si mal le crime et Tinnocence? Faut-il qu'à vos yeux seuls un nuage odieux Dérobe sa vertu qui brille à tous les yeux! Ah! c'est tix)p le livrer à des langues perfides. Cessez : repentez-vous de vos vœux homicides; Craignez, seigneur, craignez que le ciel rigoureux Ne vous haïsse assez pour exaucer vos vœux. Souvent dans sa colère il reçoit nos victimes : Ses présents sont souvent la peine de nos crimes.
THÉSÉE
Non, vous voulez en vain couvrir son attentat: Votre amour vous aveugle en faveur de Tingrat. Mais j'en crois des témoins certains, irréprochables : J'ai vu, j'ai vu couler des larmes véritables ■.
ARICIE
Prenez garde, seigneur: vos invincibles mains
Ont de monstres sans nombre afFranchi les humains;
Mais tout n'est pas détruit, et vous en laissez vivre
n'est, suivaDt lui, qu'un dépit concentre et une affectation de tranquillité devant une ennemie que Thésée craint de réjouir par le spectacle de sa douleur. M. de La Harpe est de Tavis de Louis Baciae. (G.)
' Un défaut particulier à cette scène, c'est que Thésée y parle avec une incroyahle légèreté de l'amour de son fils pour Aricie ; amour hien contraire à ses vues, puisqu'il destinoit Aricie à un étemel célibat. (6.)
438 PHÈDRE
Un '... Votre fils, seigneur, me défend de poursuivre.
Instruite du respect qu'il veut vous conserver,
Je laffligerois trop si j osois achever.
J'imite sa pudeur, et fuis votre présence
Pour n'être pas forcée à rompre le silence.