PB^DRA
O spes amantum credula I o fallax amor 1 Satisne dîsit? Precibus admotia agam.
Bfiserere. Tacitae mentis ezaudi preces.
Ubet loqni, pigetque.
HIPPOLTTUS.
Qaodnam istud malum est ?
PBJBDRA.
Quod in noyercam cadere vix creilas malam.
HIPPOLTTUS.
Ambîgua voce verba perpleza jacis ; Effare apertè.
PHADRA.
Pectns insanum vapor 0
voue ^ il comt dans toutes v^s veines, il brûle mes entrailles, il pénétre jii^ulâ^ la moelle de mes os. Ainsi la flanmie rapide embrase le fatte d'un palais. hippqlyi;e.
Votre, chaste amaur pour Tbésée p^ut-ij vous ^arer ainsi?
PHÈDILE.
Oui , Hippolyte,/aime T||iésée: miUsie^'^ime tel qu'on le vit autrefois paré de toutes les grâces de la jeunesse, lorsqu'un léger duvet couvroitià p^iae.se^ joiies vermeilles, et que le fil secourable le guidoit dans les vastes détours du labydntbe dç Créte.Qiiel.étoit alors sQn éclat ! des bandelettes ornoient sa chevelure, une aimable rougeur coloroit son visage, et d^ja la vigueur de la jeanesse se déployoît sur ses memjbres délicats. Jl avoit les traits de Diane votre protectrice^ ou du 3oleil mon aïeu][, ou plutôt il étoit tel que je vous vois , lorsqu'il toucha le cœur d'Ariane, C'élpit vpus^ onif c'éti^it vous-m£i|ie« V^ilà
Amorque torret. Intimas s«viis.vo;rat PeDitu8meduIlas,atqacperveiMisiaeat .
Visceribus ignis mersus et venis lateos.. Ut agilis altas flamma percunit trabes.
BIPPOLTTUS.
Amore nempe Thesei casto foria ?
pHComa.
Hippolyte, sic est : Thesei vultus amo IIlos prioresy quos tulit qttondam puer, Gùm prima puras barba signaret gênas y Monstrique cscam Gnossii vidit domum, Et ionga cunrà fila eollegit TÎa.
Qais tum ille fulsit! Presserant Titts comam. Et ora flavus tenera tingebat rubor. • Inerant lacertis moUibus fortes tori :
Tuaeve Phœbes vultus, aut Phœbi mei; Tousque potius : talis , en , taJis fuit y
son port majestueux h et l'oubli de votre beauté 'semble encore en relever l*éclat ; c'est votre père que je retrouve, il revit en vous; mais avec cet air un peu farouche que vous tenez de votre mère : vous unissez les charmes d\in Grec à la rudesse d'un Scyth^ Ah ! si le destin vous eût qondnit avec Thésée sur les rives de la Crète, c'est à vous qn'Arian« eût confié le fil sauveur. O ma sœui^f en quelque partie du ciel que ton astre brille, c'est toi que j'invoque. Notre sort est le même : une famille a triomphé de nous; tu ai» mas le père, j'aime le fils. Hippol3^e, vois la fille des rois suppliante à tes genoux! vertueuse jusqu'à ce jour, inno^ cente, sans tache, pour toi seul je deviens coupable, pour toi je descends jusqu'à la prière. Ah! prends pitié d'une amante ,'et termine aujourd'hui ma douleur ou ma vie !
HIPPOLTT£.
Paissant maître des dteu^! tu vois le crime, et tu ne
Gùm placoit hosti. Sic tiiHt'celstttii caput.
lo te magis refulget incomptns décor.
Et genîtor in te totus : et torve tamen
Pars aliqna matris miscet ex aequo déçus.
In ore Graio Scythicus apparet rigor.
Si cum parente Creticum intrasses iretum ,
Tibi fila potius nostra nevisset soror.
Te, te, soror, quâcumque sîderei poli
In parte fulges, invoco ad causam parem.
Oomus sorores una corripnit duas :
Te genitor, at me natns. En, snpplex jaoet
Aliapia genubus regia proies domus.
Respersa labe nuDà, et intacta, innocens, ' Tibi mutor uni , certa descendt ad preces.
Finem hic dolori faciet, aut vit» dies. ^ Miserere amaniis.
HIPPOLTTVS.
Magne regnator Deôm , Tarn ientus audis scelera ; tam lentus vides !
punis pas ! Et quand donc lanceras-t^ la foudre , si de tels forfaits ne peuvent t'ëmouvoir? Que la tempête ébranle la terre ! que le jour soit obscurci ! et que les astres reculent d^épouvante! O divin Apollon! toi dont la tête rayonne de lumière, peux-tu contempler cet opprobre de ta race! éteins ton flambeau! fuis dans les ténèbres! Et toi, souverain arbitre des dieux et des hommes, ta main resterat-elle désarmée? Pourquoi tes feux vendeurs n'embrasent» ils pas Tunivers? Frappe! que ta foudre m'écrase ! qu'elle me dévore! je suis coupable, j'ai mérité la mort, j'ai inspiré à l'épouse de mon père un amour incestueux. Femme insenjsée! et vous avez pu croire que je partagferois votre délire et votre honte? Étois-je à vos yeux un objet si facile à séduire? Ma vie austère a-t-elle mérité cet affront? Ah ! vous égalez à vous seule la perversité de tout votre sexe! pire que votre mère, vous avez surpassé son crime !
Ecquando sœvàfuimen emittes manu , Si nunc serenom est ? Omnis impulsas ruât Ather, et atris nubibus condat diem ; Ac Tersa rétro sidéra obliques agant Retorta cursus. Tuque sidereum caput Radiate , tantumne nefas stirpis tuae Speculere ? Lucem merge, et in tenebras fiige. Gur dextra, divûm rector atque hominum, vacat Tua , nec trisulcâ mundus ardescit face ? In me tona. Me fige. Me velox cremet Transactus ignis. Sum nocens. Merui mori : Placui novercœ. Dignus en stupris ego Scelereque tanto visus ? Ego soins tibi Materia facilis ? Hoc meus meruit rigor ? O scelere vincens omne femineum genns ! O majus ausa matre monstriferà malum , Génitrice pejor ! lUa se tantum stupro Contaminavil , et tamen tacitum diu Crimen biformi partus cxhibuit nota,
Paripliaé ne se souilla que d'un adultère, et Ton eût i([noré quelle étoit coupable, si la tête horrible du monstre qui sortit de son sein n'eût révélé son infamie. Voilà les flancs qui vous ont portée ! Heureux 1 trois fois heureux ceux qui sont tombés victimes de la perEdie ou de la haii^ ! 0 mon p«re, j'envie votre sort! Phèdre est plus redoutable que la nutràtre de Golchos.
• PUEDRE.
Je reconnois les destins de m^ famille ! j'ai désiré ce que je devols fuir. Mais je ne $uis plus à moi , je te suivrai à travers les flammes et les flots, à travers les rochers et les torrents. Par-tout où tes pas se porteront, tu me retrouveras brûlante des mêmes feux! Ah, barbare! pour la seconde fois je tombe à tes g^enoux!
1 HIPPOLYTE
Éloi^ez-vous ! ne me souillez pas de vos mains impudiques! O crime! elle se précipite dans mes bras. Tirons mon épée! qu'elle reçoive le châtiment du coupable. Déjà
Scelasque matris argnit roAtn truci Ambigaus infans. Ille te venter tnfit.
O ter quaterque prospero fato dati, Quos haasit , et peremit , et leto dédit Odium, dolusque ! Genitor, invideo tibi. Colchide noyercâ majus hoc , majus malum est.
Plt£DnA.
Et ipsa nostrte fata cognosco domns :
Fugienda petimas. Sed mei non sum potens. Te vel per ignés , per mare insanum sequar, Rapesque, et amnes, unda qnt)S torrens rapit, Quacomquè gressus tuleris , hàc amens agar. Iterum , superbe , genubus advolvor tuis.
HIPPOLYTCS.
Procnl impudicos corpore à cnsto amoye Tactus. Quid hoc est? Ëtiam in amplexus mit? Su-ingator ensis. Mérita supplicia exigat. 3. 3o
ma main a saisi ses cheveux et renversé sa tête criminelle. Chaste déesse des forêts, jamais victime ne fut plus justement immolée sur vos autels ! . •
PHÈDRE
(Test maintenant, ô Hippolyie! que mes vœux s'accomplissent! tu calmes ma fureur! Mes espérances soat sur* passées, je vais mourir de ta main sans avoir outrage la pudeur !
HIPPOLYTE
Éloig^nez-vous! vivez f nVspérez pas la mort. Et toi, glaive quVlle a touché, ne souiUe plus ma main! les eaux du Tauaïs, celles des Palus Méotides et de la mer du Pont, Neptune lui-même avec FOcéan tout entier, ne suffiroient pas pour me purifier. O forêts! ô hétes féroces!
• En, impudicam crine eontorto caput Laevâ reflexi. Justior nuDquam focis Datas tuis est sanguis , arcif enens dea.
PIlfDRA.
Hippolyte, nunc me compolem yoti facis.
Sanas furentem. Majas hoc voto meo est, Salvo ut padore manibus immoriar tais.
HIPPOLTTCS.
Abscede. VWe. Ne qaid exores : et hic Contactas ensis deserat castum ktas. Quis eluet me Tanais, aat quae barbaris Mœoris undis Pontico ineumbens mari?
Non ipse toto magnus Oceano pater Tantum expiant sceleris. O silvœ ! O fera? !
HiPFOLYT. , act. II, se. m.
HIPPOLYTE