‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 289 sur 328 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

( Le thëAtre reprécente , dans le fond , le palais de Thës^e ; sur le derant ^ le vestibule de ce palais, dont l'entrée est décorée des sûmes de Diane et de Vénus. Uippolyte entre , tenant à sa main onc couronne ; fl ne daigne pas même regarder la statue de Vénus. )

scÈNja i.

HIPPOLYTE, LE CHŒUR, composé des compagnons dUHippolyie.

HIPPOLYTE»

Suivez-moi, mes amis, suivez-moi*: célébrons par nos chants la fille de Jupiter, la Diane céleste, qui nous protège.

LE CHQCUR chante.

Salut à la vénérable Diane, à la vierge auguste issue du sang du maître des dieux ! Salut à la fille de Jupiter et de Latone, à la plus aimable des déités qui habitent dans le ciel le palais de leur père !

HIPPOLYTE

t) Diane ! ô la plus belle des vierges célestes ! je te salue. (1/ s'approche de la statue de Diane,) Reçois, ô ma

' L'entrée d'Hippolyte est intéressante. Le jeune chasseur porte ose couronne : c'est pour cela que la pièce est intitulée : Vinnxtmi 0<rsf «ra. fifH, porte-couronne, et non parcequ'elle fut couronnée par les suffrages du peuple d'Athènes. Peut-être aussi cette tragédie portoit-elle ce titre pour la distinguer d une autre tragédie d'Euripide , intitulée : I'irjrôx»Toc a«tX(/^^oyu«^oc Hippofyte voilé, dont Stobée nous a consenré des fragmenu. (G.)

HIPPOLYTE. 479

souveraine! reçois cette couronne. Je l'ai moi-même formée des fleurs d'une prairie qu'un pied téméraire n'a jamais foulée : le berger n'ose y conduire ses troupeaux; la faux l'a toujours respectée ; Tabeille seule y voltige sur les dons de Flore, que le printemps y rassemble. Il y régne une fraîcheur éternelle; c'est le séjour sacré de la pudeur '. Les cœurs innocents et purs, dont la vertu est l'heureux instinct de la nature, et non le fruit de la réflexion, ont seuls le droit d'y cueillir à jamais des fleurs; mais l'entrée en est défendue à tout profane. Agréez donc, ô ma chère protectrice ! agréez cette couronne présentée par une main pure ; qu'elle ceigne vos blonds cheveux. Je suis le seul des mortels digne de vous l'offrir, puisque je suis le seul honoré de votre divine présence. Je vous parle, vous me ' répondez; et si la douceur de vous voir m'est interdite, j'ai du moins le bonheur de vous entendre. Puisse le cours de ma vie se terminer comme il a commencé!

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