‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 290 sur 328 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

HIPPOLYTE, UN ESCLAVE, LE CHOEUR, composé des compagnons d'Hippoiyte.

l'esclave.

O souverain arbitre de mon sort! car nos maîtres sont pour nous des dieux ^, daignerez-vous écouter le conseil d'un serviteur fidèle?

* Rien de plus frais et de plus délicieux que ce morceau. Le poète s'y livre à des hardiesses heureuses dans sa langue, mais qui effraient la

. langue françoise. Il dit , par exemple , que la rosée de la pudeur humecte cette prairie, et y entretient la fraîcheur. (G.)J

* Ce passage est obscur, et presque inintelligible pour nous. Le texte dit litte'ralement: 6 roi, car il faut donnera nos nuAtres le nom de dieux,

4»o HIPPOLYTE.

HIPPOLYTE

Oui, sans doute; s'y refuser) ce ne seroit pas être

l'esclave.

Gonhoissez-voufi lès lois imposées à rhumanité?

HIPPOLYTE

£3qplique-toi » de quelle loi veux-tu parler?

l'esclave.

De celle <qui aoas défe&d l'orgueil sauvage et le mépris des mœurs communes.

HIPPOLYTE

Oui, je connois cette loi : je sais combien l'orgueil est un vice odieux.

l'esclave.

Une certaine grâce n'accompagne- t-elle pas l'homme doux et affable?

Oui , sans doute, et tout semble aller au-devant de ses vœux.

l'esclave.

Les dieux ont-ils sur cet objet la même opinion que les hommes?

HIPPOLYTE

Oui , puisque les hommes se font un devoir de penser comme les dieux.

ou bien , il faut don^r aux dieux le nom de maîtres i \t» mou grecs pen- ▼ent h la ri^enr signifier 1 un et l'autre :

Afflif , 6fovc ya^ hwvtaç ytaxih Xf*t»}i.

Ce qui fait la difficulté, c'est que le mot af«^ n'ett point un titre réservé aux dieux, puisque Homère le donne à Agamemnon; de m^me, iknrvnc n'est point le nom affecté aux.di^u, puisque les esdaTes le donnoient ^ leurs maîtres. Dans cet embarras , f ai choisi le seos qui m'a paru le plus raifoimable. (G.)

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