SCÈNE II
HIPPOLYTE, UN ESCLAVE, LE CHOEUR, composé des compagnons d'Hippoiyte.
l'esclave.
O souverain arbitre de mon sort! car nos maîtres sont pour nous des dieux ^, daignerez-vous écouter le conseil d'un serviteur fidèle?
* Rien de plus frais et de plus délicieux que ce morceau. Le poète s'y livre à des hardiesses heureuses dans sa langue, mais qui effraient la
. langue françoise. Il dit , par exemple , que la rosée de la pudeur humecte cette prairie, et y entretient la fraîcheur. (G.)J
* Ce passage est obscur, et presque inintelligible pour nous. Le texte dit litte'ralement: 6 roi, car il faut donnera nos nuAtres le nom de dieux,
4»o HIPPOLYTE.
HIPPOLYTE
Oui, sans doute; s'y refuser) ce ne seroit pas être
l'esclave.
Gonhoissez-voufi lès lois imposées à rhumanité?
HIPPOLYTE
£3qplique-toi » de quelle loi veux-tu parler?
l'esclave.
De celle <qui aoas défe&d l'orgueil sauvage et le mépris des mœurs communes.
HIPPOLYTE
Oui, je connois cette loi : je sais combien l'orgueil est un vice odieux.
l'esclave.
Une certaine grâce n'accompagne- t-elle pas l'homme doux et affable?
Oui , sans doute, et tout semble aller au-devant de ses vœux.
l'esclave.
Les dieux ont-ils sur cet objet la même opinion que les hommes?
HIPPOLYTE
Oui , puisque les hommes se font un devoir de penser comme les dieux.
ou bien , il faut don^r aux dieux le nom de maîtres i \t» mou grecs pen- ▼ent h la ri^enr signifier 1 un et l'autre :
Afflif , 6fovc ya^ hwvtaç ytaxih Xf*t»}i.
Ce qui fait la difficulté, c'est que le mot af«^ n'ett point un titre réservé aux dieux, puisque Homère le donne à Agamemnon; de m^me, iknrvnc n'est point le nom affecté aux.di^u, puisque les esdaTes le donnoient ^ leurs maîtres. Dans cet embarras , f ai choisi le seos qui m'a paru le plus raifoimable. (G.)