‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 309 sur 328 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

THÉSÉE, ^arrêtant aux portes du palais >, le choeur.

T«BÉSÉ£.

Femmes , dites-moi quel est le bruit que j'entends dans ce palais? Quel est ce tumulte d'esclaves qui courent çà et là en désordre? Je viens de consulter les dieux, et personne ne daigne m'aborder, m'ouvrir les portes, et me saluer à mon arrivée^! Le vieux Pitthéeauroit-il éprouvé quelque malheur? Quoiqu'il soit très avancé en âge, et tout près du tombeau, ce^eroit pour moi un chagrin cruel de le perdre.

LE choeur.

Non, ce n'est pas sur des vieillards que ce malheur est tombé. O Thésée! l'objet qui va faire couler vos larmes vous est ravi dans la fleur de la jeunesse.

THÉSÉE

Grandsdieux! mes enfants seroient-ils laproie de la mort?

■ Let-aneicoa rois de la Grécen'avoieot ni mite , ni cortège , ni gardet^ M à l'cstéricor ils dilféroient pen des panicnliert. (6.) * Voyes Racine, act. IH, se. y.

5i6 HIPPOLYTE.

Non, ils vivent. Mais, ce qui doit porter à votre coeur un coup bien sensible, leur mère n*est plus!

THÎésÉE.

Que dites-vous? Ma femme est morte! Par q[uei accident?

LE CHOEUR

Elle s'est elle-même suspendue à un nœud fatal.

THESEE.

Est-ce l'excès de la douleur, ou quelque autre motif qui Ta portée k cette extrémité?

JLE CHOEUR. '

Cest tout ce que je sais * : j'arrive dans ce palais pour y déplorer vos malheurs.

THÉSÉE

Ah malheureux ! pourquoi cette couronne est-elle sur mon front? Qu'avois-je besoin d'aller consulter l'oracle? {s'adresscmt aux esclaves de t intérieur.) Esclaves, faàtexvous d'ouvrir les portes de ce palais. Que mes yeux contemplent ce qui me reste d'une épouse chérie, dont la mort me plongée dans un deuil inconsolable!

(On ouvre les portes du palais, maii le cadavre de PJièdre ne paroit poîA encore.)

LE CHOEUR

O reine! quel sort déplorable, quelle suite d'horreurs! Tu as mis le trouble dans ta famille : une mort violente

* Le chœur est très instruit des motifs de la more de Phèdre, mais il a juré de ne les révéler jamais. Il lient sa parole aux dépens de la Téricé , et fait un mensonge pour ne pas violer un serment. Cette fidélité est une réponse péremptoire à Tune des plus fortes objections ijn'on ait jamais faites contre le chœur des anciens. On voit que la multitude des témoins ne nui- «oit point au secret des intrigues, parceque le chœur est toujoun supposé fidèle DU personnage principal, qui lai fait confidence de ses mal- Jicurs. (G.)

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