‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 310 sur 328 · ACTE IV, SCÈNE IV. Siy · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV. Siy

fenléye à .tes enfants; et cette mort est l'ouvrage de ta main! Ppurquoi as-tu détruit ta vie?

THÉSÉE

De tons les maux que j'ai soufferts, voilà le plus sensible à mon cœur. O fortune ! de quel coup affreux tu viens d'accabler ma maison! Un dieu vengeur, un être malfaisant me poursuit, et corrompt tout le bonheur de ma vie. Je me vois submergé, abimé dans un océan de maux, sans pouvoir jamais m'élever au-dessus des flots de Tadversité. Levez le voile » qui dérobe à mes yeux ce triste spectacle. (Le cadavre de Phèdre paroit.) O infortunée! en quels termes pourrois-je déplorer ta cruelle destinée! Tu t'envoles comme un oiseau du séjour des hommes, tu t'élances d'une aile rapide dans la demeure de Pluton. O dieux! n'est-ce pas là pour moi le dernier des malheurs? Vous faites sans doute expier à Thésée le crime de quelqu'un de ses ancêtres.

* LE CHOEUR

O roi! vous n'êtes pas le seul à qui un destin cruel ait ravi son épouse.

THÉSÉE

Je veux la rejoindre chez les morts : je veux descendre au séjour des ténèbres. Ah ! puisque je suis privé de tes charmes, qu'ai-je besoin de la vie? Cest à moi, chère épouse , plus encore qu'à toi-même , que tu as donné la mort ! Mais qui a pu t'inspirer cette résolution? D'où est parti le coup mortel qui a frappé ton cœur ? En vain je le demande à tout le monde; en vain mon palais est rempli de serviteurs : personne ne peut m'instruire! partout je vois le deuil et la consternation. Une affreuse

■ Le texte ne fait pat mention de yoile ; il est question , clans le grec , ^ime espèce de cloison ou porte ( txxt/fét* ttf/Awç , sobnle compages ) , qui dérobe ans yeas le cadavre de Phèdre , et que Thésée ordonne qu oa oon-e. (G.)

b2o HIPPOLTTE.

Page 1