ACTE IV, SCÈNE V. 5a
Hippolyte» dans votr^ situation, ne se cQntenteroit pas de l'exil pour punir un fils qu'il croiroit coupable d'un si noir attentat : déjà ma main lui eût plongé un poignard dans le cœur.
Oui, tu mérites la mort; mais celle que tu proposes seroit trop douce pour toi : une prompte mort est une faveur pour le malheureux. Je veux que, banni de ta patrie, sans asile dans une terre étrangère, tu termines au sein de l'opprobre et de la douleur ta déplorable vie. Voilà le sort réservé aux scélérats.
HiPPOLTTE.
Quoi! vous me chassez, sans permettre au temps de vous prouver mon innocence!
THÉSÉE
Je voudrois te voir déjà au-delà des mers, au-delà des colonnes d'Hercule, tant ma colère s'allume à ton aspect!
HIPPOLYTE
Au mépris de mes serments et de ma foi, sans égard pour les oracles, sans m'entendre et sans me juger, vous me bannissez impitoyablement !
THÉSÉE
Cette lettre, le plus sûr de tous les oracles, est ton accusateur; elle est ton juge : je n'ai pas besoin d'autre preuve. Que m'importent les oiseaux qui volent au-dessus de ma tête?
HIPPOLYTE
O dieux que j'honore et pour qui je péris! ma bouche ne s'ouvrira donc pas? Non, je garderai mon serment. L'affreuse vérité restera dans mon sein. Et pourquoi parlerois-je? Je ne persuaderois pas ceux qu'il importe de persuader : je violerois en vain la promesse sacrée qui me lie.
526 HIPPOLYTE
TRÉaCK. .
Combien toot cet étala^ de iftosse piéfcé aogaienle mon indignation! MaUKiftfenx! cesser»-tm bientôt di'kifecter Tair que je respire?
HIFPOLITE.
De quel côté toumerai-je mes pas? Qnel kéte voudra recevoir un banni chargé du crime le plus odiinss? . .
THÉSÉE
Va chercher un asile chez les scélérats qui te blent, chez les protecteurs de Finposture et de Tii
HIFPOhTTE.
Je ne suis donc plus à vos yeux qu'un vil criminel, dévoué à Toppaobre! Ah! voilà ce qui déchire mon cœur, voilà ce qui m'arrache des larmes^
THBSÉB.
Tu devois gémir et pleurer, quand ton audace fenna le dessmn de déshonorer T^HMise de ton père.
HIPPOLTTE.
G palais! pourquoi tes murs et tes voûtes ne peuventils prendre la parole pour rendre témoignage à mon innocence !
THÉSKE.
Si tu as recours aux témoins muets, regarde cette lettre : c'est un témoin qui sans parler 4!accable et te condamne.
HIPPOLTTE.
Si je voyois un autre, homme dans la même situation que moi , réduit à la même infortune, comme je le plainr drois! Que de larmes je verserais sur son sort ■ !
THÉSÉE
Va, tu n'as jamais eu de sensibilité que pour tov*méme ! Le sort des auteurs de tes jours n'a jamais touché ton cœur.
* Ccne -ptntie n'ett ai claire m natarcUfr; et les coamenutcviv TAfcurdsicnt encore en Toolant rez|ili<|ner. (G.) *