ACTE II, SCÈNE IV
Et vient de me la rendre en ce même moment. Sauvons, encore un coup, notre gloire offensée: Pour votre hymen Achille a changé de pensée, Et, refusant Fhonneur qu'on lui veut accorder, Jusques à son retour il veut le retarder.
ÉRlPniLE.
Qu'entends-je?
GLTTEMNESTRB.
Je vous vois rougir de cet outrage.
Il faut d'un noble orgueil armer votre courage. Moi-même, de Fingrat approuvant le dessein, Je vous Fai dans Argos présenté de ma main; Et mon choix, que flattoit le bruit de sa noblesse ', Vous donnoit avec joie au fils d'une déesse. Mais, puisque désormais son lâche repentir Dément le sabg des dieux dont on le fiait sortir. Ma fille, c'est à nous de montrer qui nous sommes, Et de ne voir en lui que le dernier des hommes. Lui ferons-nous penseis par un plus long séjour, Que vos vœux de son cœur attendent le retour?
pauvreté de notre langue poétique, sont peut-être deux motifs pour l'admettre dans les vers. (G.) Le dictionnaire de l'académie autorise l'emploi du mot égarement dans le sens propre; mais les lexico^prapbes modernes disent avec raison qu'il a vieilli.
' Ces vers n'ont point, comme le croient Louis Racine et Geof* (roy, un sens ironique. Le cœur d'une mère s'y laisse voir tout entier dans les nuances délicates du regret, de la fierté, et du dépit. Clytemnestre s'associe d'abord à la douleur de sa fille, pour l'associer à son tour aux sentiments d'orgueil qui peuvent la consoler. Ce sont les secrets de l'amour maternel ; mais il falloit être Racine pour les deviner.
i8o IPHIGÉNIE.
Rompons avec plaisir un hymen qu il diffère. J'ai fait de mon dessein avertir votre père ; Je ne lattends ici que pour m'en séparer; Et pour ce prompt départ je vais tout préparer.
(àÉriphile.) Je ne vous presse point, madame, de nous suivre; En de plus chères mains ma retraite vous livre. De vos desseins secrets on est trop éclaird ; Et ce n est pas Calchas que vous cherchez ici >.