‹ Œuvres complètes de Jacques-Henri-Bernardin de Saint-Pierre, mises en ordre et précédées de la vie de l'auteur (volume 2)Chapitre 3 sur 33 · PREAMBULE. VII · texte numérisé non relu

PREAMBULE. VII

la destnicticm y sans puissanœ pour en anéter les effets, ifistxuiftent de destniction lui^ ' même, devine soh éternke, et ëlève jusqu'au «ciel une pensée qui ne doit pi^ mourir!

Ah ! cette pensée est empneints sûr le front de Thoaunel Sea «spect a quelque chose d'imposant 9 de suMime, qui parle de son avenir. Ce n'est point une madûne Qi^nisée seulanant poiir la mort, ^qui peut aimer avec tant de passion, créer a^^ec tant de gaoie, commander avec tant de pruissance! Sa vieillesse même annonce que le ciel l'attend; c'est près de sa tomhe qu'il laisse entrevoir toute sa grandeur. et que se dévoilent toutes ses vertos. Il semble que la présence d'un vieillard ne nous pénètre d'une si profonde émotion, d'un respect si religieux, que parce que notre conscience nous apprend que plus il s'éloigne de nous, plus il s'approche de l'immortalité. Cette vérité ne me sembla jamais plus frappante que la première fois que je vis l'homme illustre dont je publie aujourd'hui les Œuvres. On m'avait conduit sur les bords de l'Oise, dans cette retraite où bientôt, hélas! il devait terminer sa vie : c'était dans une belle soirée d'automne ; tout

YITI PR^AMBULS.

était calme autour de moi, la lune jetait sa lueur tranquille à travers les arbres dépouillés de verdure, un vent doux agitait les feuilles desséchées, et les chassait dan» la prairie; mais l'émotion dont j étais pénétré devint encore plus vive, lorsque je vis sur le penchant de la colline le vieillard vénérable que j'étais venu chercher sur ces rives. De long cheveux blancs couvraient ses épaules; la. vertu respirait dans tous ses traits: il y avait dans sa physionomie quelque chose d'idéal et de sublime qui n'appartenait pas à la terre. Eh quoi! me disais-je, ne serait-ce là qu'un mortel promis à la tombe? Tant de sagesse n aurait-elle conçu que de vaines es- / pérances? Et tant de vertus n'auraient-elles pour récompense qu'une mort éternelle ?

L'auteur de Paul et Virginie s'occupait dans sa retraite à recueillir les matériaux de cet ouvrage. La postérité ne verra point sans surprise un livre composé pour le bonheur des hommes, à une époque dont elle n'attendait que des crimes; un livre où Fauteur esquissait les beautés de la nature en présence de Dieu, dans le temps iiféme où un ministre de la république soldait , iusolcm-

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