‹ Œuvres complètes de Jacques-Henri-Bernardin de Saint-Pierre, mises en ordre et précédées de la vie de l'auteur (volume 2)Chapitre 31 sur 33 · HARMONIES AÉRIENNES DES VÉGÉTAUX · texte numérisé non relu

HARMONIES AÉRIENNES DES VÉGÉTAUX

Si IcA métaux Im plus durs ont des rapports interieui*s a vue Tair et avec d^autres (éléments plus subtils, les vdgc^laux en ont encore de plus étendus. Des expënenccs réitérées, faites par les plus habiles chimistes, entre autres par Homberg, prouvent que Tair entre comme matière solide dans la composition des plantes. Le chêne en contient le tiers de sa pesanteur; le feu Ten dé- (;a(;('. L()r.s(|u\)n brille une bAchc de ce bois, on entend souvent de lon{^s nuirmures sortir de .ses flancs; c'rst Tair qui s'échappe de ses trachées. Les pois renferment aussi un tiers de leur pcsanleur d'air. Des tuyaux et des fjlobes de fer n\*iï contiendraient pas la dixième partie de leur poids sans crever : il y a apparence mc^me que toutes les forces humaines ne ])roduiraient pas une pareille condensation; cependant elle e.sl le résultat <Ie Taction des rayons .si léjjers du soleil. .Ses U*M\ sont les tisserands des éléments; ils les assendilent et \rs séparent; ils en .sont à-la-fois la naselle et les ciseaux. Nos instruments <le pliv-

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kiquo iropt'^ront rien de aemklalile. Ou ne peut loiic bien iUiulior la nature (|tic dana la natuix* cn^nuv

L4\<i vi^gtHaux oui des liarnionieM sensihlea avor Pair par leur respiration. Si o\\ tmtte d*liuilc une plante vivante « on la lait pinurir pirstpie iubitenient« tandis tpie par une semblable t>pération tm pivserve un nioix'eau de (er de la rouille qui le détruit. Sur ce points le végétal iiffère donc essentiellement du métal. Kn eiïel, le premier a les organes de la respirât itm« dont le deniifHMUil privé. Les plantes tmt des tuyaux par oïl Tair ae comnumitpie tlans tout leur intérieur. Malpiglii est le premier qui a lait cetle dé- Douverte et qui leur a donné le nom de trachées. « Ce sont « di(-tl« des vaisseaux iormés par les diiTérentscon(oursd*une lame fort mince« connue Argentée « plate « asse% large « élastique « qui« le roulant sur elle-même en ligne spirale ou eu tire-bourre « iorme un tuyau assey« long et connue divisé dans s;i longueur eu plusieurs cellules. Ces lames sont couipivuU\H de plusieui^ piKH\s, divisées par écailles connue Us trachées tles iniecles« ce qui leur en a fait donner le nom. i^uaud t»n déchire ces vaisseaux « ou s'aper^-oit qu'ils oui une espèce de mouvement péristaltupie. »

Uales« d«mH sa Statique des Végétaux» observe |ue la spire de ces vaisseaux est dans un sens :oiitraiiHS au mouvement diurne du soleil. Cettr

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ii04i^ ;avoi4^ àii iia i mAuàtiàAie éie i'uiAj'^ d<à 6iii' U>utk:^ kd j/AiÀ^^aiixX'6 «i^: la it^i^ii e . diAài

ctài:U joui'ualiiei-, LAnàuna Uuib U^nnouUiS U

cbiéif^ di.'6 |ilaiiU^6 iM>i:lAiiii<i6 , c'^^l-^-dirc u'uuvi4^fil lieui'6 HA£4ir6 que la uuit , éAjimne la^i, uue £6|#iKUî «le Cini\ulsuiu^f Viuhrt iitê )ioliU{Uiibj etc. : celle^'U oui ^anAl^ii/ul harfiM>Hk'6 luiiaiieft qui leur 6^>ul propi'e«. l/uoi qu'il eu <iuil, ou d^cou^ie l'a^jàieiobe liafli^fitf ile« plaule6 eu ca^^aul iiel de$ teo de vii^ae ou de jeuue6 liiauclie;» de io^ier, à leul , eli'. : elii'6 |iai'ai£>j)«'Ul ru loriue de «jy dei:ouh'Ui'ar{^<'UUfe.<^uaii!l ond^i liiiv doui.4! une leuiUe,ou t'U voil. Ir.:^ ira< li(^4!^ ^'alouj^i i^railauL leb poiiioub de la leuiile 1 une de Ti Le6 Irarti^es oui (>iub de diauieUt- mw. Jt^ 2 vaib^eaux de^ piauler; l'ile^b^iul loiijoui'6 |#l aulourde6fii)i'ebli^n('Uî><'6,el60ul|îlii^^r.iâidei le6 laijueh que daubie^ U{^(-£>. 11 n'y a pa^ di- < que re6 luyaux <^labliq<i<'£> ne 60Îenl dc^ \^|ji de 1 aii,el qu'iU ne l'a^iûieui el ue l'exp i.4'Ui' ie660f 1, iiïïb eu ujoijNitujeul par relui cj Iril, lail. bau6 tlnnitt nionleieLrii'ruli'i' la ^èv ïa nurdialiou de la clialeui de l^iir, et l'aû

l^méme est peut-être composé de spirales élasti- Siques' comme les spires des trachëes. Au reste, la • plante aspire et expire Fair principalement par ^ ra» feuilles, criblées à cet effet d^une infinité de k pores ou de petits trous : Leuwenhoek en a h compté plus de cent soixante-deux mille sur un h seul côté dVne feuille de buis.

Les plantes cherchent à-la-fois 1-air et la Iu« .. mière : celles que Ton Cultive dans les appartements se tournent toujours vers les fenêtres ; les plantes privées d'air et de lumière, telles que celles qui végètent dans les souterrains, s^étiolent, c'est-à-dire blanchissent. Tels sont les cardons et les chicorées que Ton conserve Thiver dans des caves, et les laitues romaines dont. Tété, on lie les feuilles pour les attendrir. Tous ces végétaux artificiels, privés d'air et des rayons du soleil, ont peu de substance et de vertu. 11 en est de même de Therbe qui croît à Tombre des arbres; elle y devient longue et molle , et ce qu'on appelle, en Normandie, veule, c'est-à-dire flasque : les bestiaux refusent d'en manger : aussi on ne souffre point d'arbre , pas même de pommier, dans les riches pâturages de la Basse-Normandie. Il n'y a qu'un fort petit nombre de plantes qui prospèrent à l'ombre : telles sont l'anémone des forêts, qui, au printemps, couvre le sol de ses réseaux; et la pervenche des bois, toujours verte , qui donne en hiver ses fleurs bleues. On peut y

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joindre le framboisier du Canada, avec ses roses cramoisies; le grand convolvulus h cloches blan< ches , dont les fleurs éclatantes produisent de si charmants effets dans Tombre ; et le lierre surtout , qui couvre le sol des foréls humides d'un tapis toujours vert, au milieu même des neiges. Ce sont des beautés qui manquent souvent à noi jardins anglais, où les bosquets interceptent Tair et la lumière h la plupart des plantes.

Les végétaux sont si bien harmonies avec Tatmosphèrc , qu ils changent en air pur Faîr méphitique , comme Ta fort bien prouvé le savant docteur Ingenhousz. Cette régénération est en* core Fouvrage du soleil; car des plantes, et su^ tout des fleurs , mises en grande quantité dans une chambre fermée, en méphitisent Tair au point de faire mourir les personnes qui le respirent, sur-tout la nuit. Des fenunes ont péri pour avoir^dormi dans une chambre où il y atait beaucoup de fleurs de lis. Nous ne saurions trop admirer Uinfluence de Tastre du jour sur tous les agents de la nature : toutes leurs harmonies sont suspendues ou troublées par son absence. Mais voyez comme Tauteur de la nature a bien combine luimême leurs différents effets. Les animaux corrompent Pair par leur transpii*ation,'et lesplantes destinées à leur nourriture le rétablissent dans louLc sa pureté : il y a plus, elles changent les odeurs les plus fétides en parfums délicieux. C'est

Mir des fumiers que croissent les roses les plus odorantes, et sur des couches de matière fécale que les jardiniers cultivent, Thiver, à Paris, les tubéreuses si suaves.

Les végétaux ont des harmonies avec Tair extérieur par leurs tiges : d'abord , le côté qui est exposé au vent du midi est beaucoup plus dilaté que celui qui est frappé du vent du nord. Cette observation peut être utile pour s'orienter , si par hasard on se trouvait égaré dans un bois ; car , en coupant une branche d'arbre, on connaîtrait le côté qui regarde le midi , parce qu'il y a plus de distance de ce côté là, depuis la moelle de la branche jusqu'à son écorce. Les écorces mêmes des végétaux sont en harmonie avec les températures de l'atmosphère ; ce sont des espèces d'habits dont la nature les a revêtus, suivant les latitudes. Ceux des pays froids ont des écorces fort épaisses , et souvent enduites de résine , comme les sapins ; ceux des pays chauds les ont légères ; ceux qui ne vivent que le cours d'un été n'en ont presque point : telles sont les graminées , qui n'ont, pour ainsi dire, que des épidermes. On peut aussi connaître , par la dureté et la finesse des feuilles , les végétaux qui croissent dans les lieux battus des vents. Les pins, les sapins, les cèdres , les mélèses, qui se plaisent sur le sommet des montagnes , ont des feuilles menues et ligneuses : il en est de même des giroflées jaunes, qui viennent sur le 1. 24

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haut des murailles ; leurs feuilles ne donnent point de prise aux vents. Les végétaux qui les ont grandes et tendres , tels que nos figuiers et les bananiers des Indes , aiment à croître sur les bords des ruisseaux , à Fabri des rochers ; tous ont leurs tiges en rapport avec la force des vents auxquels ils sont exposés. Le figuier a un bois très-fragile , et le bananier n'est formé que d^un paquet de feuilles. Ce sont des habitants des humbles vallées. Ceux qui s'élèvent sur les flancs des montagnes , résistent aux tempêtes par la roideur de leurs troncs : telssont les ormes,les hêtres et les chênes ; ils ne craignent pas de supporter un ample feuillage. Ceux qui ont un bois léger et cassant, comme les sapins et les peupliers dltalie , portent leurs têtesen pyramides couvertes de feuilles minces et Tégèrcs. Il est très-remarquable que le peuplier de nos climats, qui supporte une large tête , a un bois beaucoup plus élastique que le peuplier pyramidal dltalie ; nos paysans emploient ses branches souples aux mêmes usages que Tosier. Les -palmiers des Indes croissent dans des lieux exposés à toute la violence des ouragans de la zone torride : les uns sur les montagnes, comme les palmistes; les autres sur le bord des mers, comme les lataniers et les cocotiers. Tous ont leurs troncs formés , non d'un vrai bois , mais de fibres ligneuses très - élastiques ; leurs longues feuilles , semblables à de longues branches em-

pennées , sont de la même nature. Quand elles sont sèches , on s^en sert comme de tablettes, où Ton ëcrit ayec un poinçon comme sur des lames de bois. Nous avons observé , en parlant de la direction oblique des vents vers la terre , quHls décrivaient une courbe composée de leur mouvement horizontal de progression et de leur mouvement perpendiculaire de pesanteur : il en résulte une parabole. Je m'arrête à cette idée, parce qu'elle peut servir à expliquer le renflement du tronc du palmier, d'après lequel les architectes grecs ont imité celui qu'ils donnent à la colonne , sans qu'ils en apportent d'autre raison , sinon que ce renflement , formé d'une courbe , lui donne meilleure grâce. Quoique les naturalistes disent que le palmier , à l'exception de toutes les autres espèces d'arbres , a son tronc par-tout d'un diamètre égal, j'ai cru observer sur des cocotiers, que leur tronc était renflé dans la colonne , aux deux tiers de sa hauteur. Cette çéurbe sert à sa solidité , car elle se trouve en arc-boutant avec celle du vent , de quelque côté qu'il souffle.

On ne doutera pas de ces prévoyances de la nature pour raffermir les palmiers contre la violence des ouragans,par celles qu'elle prend dans les mêmes climats pour garantir les autres végétauxde leurs ravages. J'ai vu, à l'Ile-de-France , un arbre sur des rochers, où ses racines avaient bien de la peine à pénétrer , dont le tronc avait tout autour

de longues côtes faites comme de larges planches , qui lui servaient d^ëtais et d'appuis ; elles avaient, au niveau de la terre, plus de sept pieds de largeur, et elles s'élevaient le long de sa tige à plus de quinze pieds de hauteur. Elles laissaient entre elles, autour de Tarbre, plusieurs intervalles, dont on aurait pu faire autant de petites cabanes. Il sortait, de plus, des extrémités de ses branches des cordes végétales qui descendaient jusqu'à terre , y prenaient racine , et devenaient des troncs qui non-seulement supportaient les branches qui les avaient produites , mais s'élevaient encore au-dessus. Le P. Dutertre en décrit un semblable qu'il a vu à la Guadeloupe , dont les planches, ou arcs-boutants , s'éloignaient du pied de l'arbre de trente à quarante pieds ; et son supérieur , dit-il , en voulait faire un couvent vivant , qui aurait eu ses cellules, sa chapelle et son réfectoire ; mais il y avait trop d'humidité entre ses racines. Il appelle cet arbre figuier admirable. En effet, les extrémités des branches de celui que je vb à l'Ile-de-France , étaient chargées de figues qui pendaient jusqu'à terre ; mais ces fruits n'avaient pas de saveur.

La nature n'est pas encore satisfaite de ces précautions individuelles qui mettent les végétaux de ces climats en état de résister aux ouragans qui les agitent ; elle garnit les lisières de leurs forêts de fortes lianes. Ce sont des plantes grimpantes, dont

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quelques-unes sont grosses comme la j ambe, et dont récorce est élastique et forte comme du cuir : de sorte qu^une de leurs lanières est plus difficile à rompre qu'une corde de chanvre de la même grosseur. Ces lianes s'élèvent du pied d€s arbres jusqu'à leurs cimes , d'où elles redescendent , s*entrelaçant dans les arbres voisins , et les liant les uns aux autres comme des cordages, les rendent inébranlables à toutes les secousses de l'atmosphère. C'est dans ces forets torridiennes que des ouragans nécessaires ^ au défaut des hivers , détruisent en un jour des légions d'insectes qui y multiplient toute l'année. En secouant leurs vieux troncs caverneux , ils submergent au loin les vaisseaux sur les mers, et renversent sur la terre la plupart des monuments des hommes; mais leitr voix mugissante annonce encore, au sein de la destruction , une Providence conservatrice de ses propres ouvrages : les tours s'écroulent , les arbres restent.

Si la nature a pourvu à la sûreté des forêts, elle n'a pas oublié celle des prairies. Les herbes ont, comme les arbres, leurs harmonies aériennes. Les graminées, les plus communes de toutes, ont des feuillts souples et menues qui ne donnent point de prise aux vents. Les humbles tiges qui portent leurs épis sont élastiques , cylindriques , et fortifiées de nœuds d'espace en espace. Elles s'app<iiient les unes contre les autres sans se briser ,

et lorsque les tempêtes les agitent , elles s'abaissent et se relèvent par de mutuels supports , en imitant par leurs ondulations les flots de la mer. Celles qui, suivant l'expression juste de La Fontaine, naissent sur les humides bords des royaumeê du vent, ont des feuilles couchées à la surface des eaux, comme les nymphaea, ou qui se dressent en lames souples , comme les roseaux. . Cependant , malgré les sages précautions de la nature, le chêne est quelquefois renversé par les tempêtes , tandis que le roseau leur échappe par sa faiblesse : image fidèle des conditions de la vie, et dont le bon La Fontaine a fait un apologue admirable.

Les harmonies aériennes de Faccroissement et de la conservation des plantes sont sans doute dignes d'admiration , mais celles de leur dépérissement ne le* sont pas moins. Il est remarquable que les tiges sèches des herbes qui meurent totis les ans , et que les feuilles des arbres qui jonchent la terre à la fin de l'automne , résistent , malgré leur extrême fragilité , aux vents, aux pluies et aux neiges , qui font souvent tant de ravages sur les habitations de l'homme ; mais elles se détruisent toutes au printemps. Les gousses des harii^ts et des pois ; les grappes du sumac , du sorbier , du troène ; les baies et beaucoup d'autres semences , restent suspendues tout l'hiver à leurs tiges , pour servir de nourriture aux oiseaux. Elles ne s'en-

Ir'ouvrent et ne tombent que dans la saisonoùelles doivent se reproduire. Les pailles des graminées , et les troncs des chênes morts de vieillesse , se décomposent alors en autant de temps qu^ils ont végété : les premières , en une demi-année ; les autres pendant des siècles. L'arbre desséché reste^ long-temps debout; mais la nature, qui voile partout la mort sur le théâtre de la vie , couvre encore ses branches arides des guirlandes parfumées du chèvre-feuille ou du lierre toujours vert. Si Farbre est renversé par les tempêtes , des aga-r ries et des mousses de toutes couleurs dévorent et décorent à-la-fois son vaste squelette^ Quelle est donc Fintelligence qui a proportionné , dans chaque espèce de végétal, la force de ses fibres vivantes aux injures de Tatmosphère , et la durée de ses fibres mortes à celle de son renouvellement ? C'est sans doute celle qui a voulu , d'un côté, que la terre ne s'encombrât pas par les dépouilles permanentes des végétaux , et qui , à*un autre côté , a voulu qu'elles durassent assez pour offrir des litières , des abris et des nourritures aux animaux pendant l'hiver. C'est enfin le Dieu qui a mis en harmonie les différents âges de la vie humaine et l'ignorance des enfants avec Texpérience des vieillards.

Qui pourrait décrire les mouvements que l'air commumque aux végétaux ? Combien de fois , loin des villes , dans le fond d'un vallon solitaire

couronne d'une forêt, assis sur le bord d'une prairie agitée des vents, je me suis plu à voir les mélilots dores, les trèfles empourprés et les vertes graminées , former des ondulations semblables à des flots, et présenter à mes yeux une mer agitée de fleurs et de verdure ! Cependant les vents balançaient sur ma tête les cimes majestueuses des arbres. Le retroussis de leur feuillage faisait paraître chaque espèce de deux verts différents. Chacune a son mouvement. Le chêne au tronc roide ne courbe que ses branches , F élastique sapin balance sa haute pyramide , le peuplier robuste agite son feuillage mobile , et le bouleau laisse flotter le sien dans les airs , comme «me longue chevelure. Ils semblent animés de passions: Tun s'incline profondément auprès de son voisin comme devant un supérieur , Tautre semble vouloir Tembrasser comme un ami ; un autre s'agite en tout sens comme auprès d'un ennemi. Le respect, l'amitié, la colère, semblent passer tourà-tour de l'un à Tautre, comme dans le cœur des hommes ; et ces passions versatiles ne sont au fond que les jeux des vents. Quelquefois un vieux chêne élève au milieu d'eux ses longs bras dépouillés de feuilles et immobiles. Comme un vieillard , il ne prend plus de part aux agitations qui l'environnent : il a vécu dans un autre siècle. Cependant ces grands corps insensibles font entendre des bruits profonds et mélancoliques. Ce ne sont point

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cIcA accentâ cliiilinrU; ce mmï des murmures toniu.H comme ctnu cruit {leuplr qui ci^l^bre au loin une fiMr par Av» arclamalion.^. Il n*y a point de voi\ doininaulr.H : ro sont tirs aouh mouolcuien, parmi IrHcpirln ?ie font rnirndrr drA hruilA Aourda ri proiouds, <pii nouA jrUrnl dans une IriAlrAAe plrinr de doutrur. AiuAi IrA inunuurrA irunr io* %*dt arronipaf;nriit Ivs arrrniA <lu rOAHi{«uol , cpii , tir Aon nid , adrr.vir drA vcimix rrrmmaÎAAanlA aux AnimuA. (l*rAt un lonti dr rontrrl cpii l'ail rrAAor* tir IrA rhanl.H «VlalanlA drA oiAf aux , nmnnr la dourc* vi*rdurr vs\ un iond dr rcudrurA Aur Irqurl M* driarlir Trclal «IrA ilrui*A ri drA iVuilA.

O l)niiA.Hrmrnl drn prairirA, crA^ay.ouillrnirnU drA Ihha , oui doA rltarmoA qur jr prrl'i^rr aux plua luillanlA acronl.H : mcm anic A*y aliandcmnr ; rllr »r lirrrr avrr IrA iVuilla(;r!i ondoyanlAdrA arlirra; rllr Vrirvr avrc Irur-n rimrA vri*A IrA rirux; rllr Ar trauAporlr dauA IrA IrnqiA qui IrA ont \um nailrr ri dauA rrux qui IrA vrrront nuHU'ir; ilArIrndrnt dauA rinitni n)on rxi.Hirnrr rirrouArrilr ri iugi* livr. Il nir Aruddr qu^iU nu* parlrnl« ronnnr rrux dr Dodcuu* « un lan|;a|;r myslt^rirux ; iln mr pion* grni dan.H d^inriïaldrA ri^vcrirA , <pii , NuuvrnI « ont fait loudirr dr mrA tnaiuA Ir.n livrrA drA pliiloAo* plirA. MairAlurusr.s iiiri^lA, pai?iildrA AoliludrA, qui pluA d*uni* loiA avry. ralnic^ tuvs paxAioiiA , puiAiirnt IrA rriA tir la |{urrri* nr Irouidrr jamaiA vo.h n'* aonnanlrA ctairii^rrA ! N*arrompagnex dr voa rrli-

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gie\ix murmures que Ica chants des oiseaux, ou le«i doux entretiens des amis et des amants qui viennent se reposer sous vos ombrages.

FIN DU TOME VhKMlEh 1)KS UASMONIEil.

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