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tout genre. Voyes aussi , sur le gënipa et les divers (rnlts ^ plantes et^nîmaiu des pays méridionaux y le naïf P. Du Tertre « le patriote P. Charlevoix, Thistorien Jean de Laet, ef tons les voyageurs qui ont écrit sur la nature , sans esprit de système , avec les seules lumières de la raison. «
On peut voir un acacia de T Asie dans ce beau jardin situé près de la grille de Chaillot, qui appartenait autrefois au vertueux chevalier de Gensin. Quant au nom de hm acacia donné à Facacia de rAmérique , j^observerai que la nature ne fiiit rien de Êiux. Elle a varié toutes ses productions dans chaque pays j pour leur donner des relations convenables avec les éléments et les animaux ; et quand nous n^y trouvons pas les caractères que nous leur avons assignés , ce ne sont pas ses ouvrages qu'il faut accuser de fausseté , ce sont nos systèmes.
J'observerai ici que l'ail , dont T odeur est si redoutée de nos petilcs-inaîiresses , est, peut-être, le remède le plus puissant qu'il y ait contre les vapeurs et les maux de nerfs auxquels elles sont si sujettes. J'en ai vu plusieurs expériences. Pline assure même qu'il guérit l'épilepsie. Il est encore antiputride ; et toute plante qui a son odeur , a les mêmes vertus. 11 est très-remarquable que les plantes à odeur d'ail, croissfii* communément dans les lîéux marécageux, comme un remède présenté par la nature contre les émanations putrides qui s'en exhalent. Tel est , entre autre, le scordium. Galien rapporte que l'on reconnut sa vertu antiputride , en ce que , après un combat , les corps morts qui gisaient sur des plantes de scordium , se trouvèrent bien moins corrompus que! ceux qui en étaient loin, et que ces corps étaient principalement restés frais et sains du côté où ils louchaient à ces plantes. Mais l'épreuve
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que le baron de Bnsbec en fit sur des corps vivants, est encore plus frappante. Ce grand homme, revenant de*Constantinople , à son premier voyage , un Turc de sa suite fut attaqué de la peste, et en mourut. Ses camarades se partagèrent ses dépouilles , malgré les représentations du médiecin de Busbec, qui leur prédit que la peste ne tarderait pas à se communiquer à eux. En eflet, quelques jours après, ils en éprouvèrent lés symptômes.
Mais laissons le savant et vertueux ambassadeur rendre compte lui-même des suites de cet événement. « Le jour suivant de » notre départ d' Andrinople , dit-il , ils allèrent tous le trou- » . ver d'un air triste et abattu , se plaignant d'un grand mal » de tète , et lui demandant des remèdes. Ils sentirent bien » que c'étaient là les premiers symptômes de la peste. Pour » lors , mon médecin leur fit une sévère réprimande , et leur » dit qu^il s'étonnait qu'ils vinssent .chercher des remèdes » contre un mal dont il les avait prévenus, et qu'ils avaient » cherché avec empressement. Ce n'était pas cependant qu'il » ne voulût bien les soigner. Il était au contraire très-inquiet » de savoir comment il ferait pour les secourir. £n effet , où » prendre des remèdes dans une route où les choses les plus » communes souvent manquent? La Provideucedevint notre seul » espoir ; elle nous secourut effectivement. Voici comment.
» J'étais accoutumé , aussitôt que nous étions arrivés dans » les endroits de notre route , d'aller me promener aux en- » virons, et de chercher ce qu'il y avait dt? curieux ; ce jour-Ui » je fus assez heureux pour aller sur les bords d'un pré. J'a- » perçus dedans une plante qui m'était inconnue ; je pris de » sa feuille , je la sentis : elle avait l'odeur de Tail. Aussitôt » je la donnai à mon médecin , lui demandant s'il la' counais- » sait. Après l'avoir .examinée avec attention, il me répondit » que c'était du scordium. Il leva les mains au ciel , et ren- » dit grâces à Dieu du remède si à propos qu'il nous envoyait* » Il es ramassa à l'instant une grande quantité, qu'il alb 2. 32
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pendent d'autant pins des deux pôles , qu'on approche plus .de la Ligpc. Cette direction, oblique du vent suffisait à des peuples qui naviguaient d'tles en Mes, et qui avaient imaginé les bateaux les moins propres à dériver, tels que les doubles pros des îles de Guam , dont la forme semble s'être conservée dans les doubles baises de la côte du Pérou. Schouten trouva un de ces doubles pros naviguant, à plus de six cents lieues de File de Guam, du côté de T Amérique. De plus, il parait que b mer du Sud a aussi des moussons , qui n'ont pas encore été observées. Voici ce que dit .sur l'inconstance de ces vents , un voyageur anglab anonyme ^ qui a ùli le tour du monde dans le vaisseau où étaient MM. Bancks et Solander, en 1768, 1769, i77oeti77i, page 83. a Les habitants d'Otahiti com- » mercent avec ceux des îles voisines qui sont à Test de cette » ile , et que nous avions. découvertes sur notre passage. Pen- » dant trois mois de Tannée , les vents qui soufflent cons- D tamment de la partie de, T ouest, leur sont, très-favorables » pour cettç navigation. » L'amiral Anson trouva aussi , dans ces parages , des vents d'ouest qui le contrarièrent. Le capitaine Cook a confirmé celte obser\'ation dans son troisième voyage.
Quelques philosophes expliquent les correspondances qui se rencontrent entre les peuples des tles et ceux des coulinents , en supposant que les îles sont des terres submergées , dont il n'est resté que les sommets avec quelques habitants. Mais nous en avons dît assez dans cet ouvrage, pour faire voir que les iles maritimes ne sont point des débris du continent , et quY'iles ont des montagnes , des pics , des lacs , des collines proportionnés à leur étendue, et diriges aux vents réguliers qui soufflent sur leurs mers. Elles ont des végétaux qui leur sont pro près , et qui ne viennent nulle part ailleurs de la même beauté. De plus , si ces îles avaient fait autrefois partie de notre continent, on y trouverait ceux de nos quadrupèdes qui se rencontrent dans. tous les climats. 11 n'y avait point de rats ni de sou-
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ris en Amërique et dans les Antilles , avant ramyëe des Eu- ^ ropéens, suivant le téoioignage de rhîstorien e^^agnol Herrera et du P. Du Tertre, On y eût trouvé encore le boeuf, Vkae , le chameau, le cheval, et il n^y avait aucun de ces animaux; mais bien des poules, des canards, des chiens et des porcs, ainsi que chez les insulaires de la mer du Sud , qui n^avaient euxmêmes aucun autre de nos animaux domestiques. Il est aisé de voir que les premiers animaux , comme le cheval et la vache , étant d^une taille et dW poids trop considérables, n^ont pu, malgré leur utilité, passer dans les petites pirogues des premiers navigateurs , qui, d'un autre c6té, se sont bien gardés de transporter avec eux des souris et des rats. Enfin , revenons aux lois générales de la nature. Si toutes lès fies de la mer du Sud formaient autrefois un -continent, il n'y avait donc point de mer dans Tespace qu'elles occupent. Or , il est certain que si on ôtait aujourd'hui autour d'elles, T Océan qu» les environne, et le vent régulier qui y souffle-, on les frapperait de stérilité. Les îles de la mer du Sud-forment , entre l'Asie et l'Amérique, un véritable pont de communication , dont nous ne connaissons que quelques arches , et dont il ne serait pas difiîcile de découvrir le reste par les autres concordances du globe. Mais je bornerai ici mes conjectures à ce sujet. J'en aï dit asses pour prouver que la même main qui a couvert la terre de plantes et d'animaux pmir le service de l'homme, n'a pas négligé les diverses parties de son habitation.