‹ Œuvres complètes de Jacques-Henri-Bernardin de Saint-Pierre, mises en ordre et précédées de la vie de l'auteurChapitre 19 sur 19 · PAGE II · texte numérisé non relu

PAGE II

César dit précisément la même chose dans ses CoBunentaires. '5 PAGE 117.

Les Lapons savent filer l'étain avec beaucoup d'art En général , on reconnaii une grande perfection dans tous les arU exercés par les peuples sauvages. Les canots et les raquettes des Esquimaux; les pros des insulaires de la mer du Sud ; les fUeU, les lignes, les hameçons, les arcs, les flèches, les haches de pierre , les habits et les parures de têle de la plupart de ces nations, ont la plu J exacte cotiformîtc^ avec leurs besoins. Pline attribue rinyention des tonneaux aux Gaulois* 11 loue leur étamure, leur teinture en pastel, etc.

DE L^ARGADIE. 4^^

Vojes les Commentaires de César.

'5 p^QE I20.

Voyez Tacite sur les mœurs des Germains. '6 PAGE laa.

Les Gaulois , ainsi que les peuples du Nord , appelaient Venus Siofne , et Cupidon Sifionne. Voyez UEda. LWme la plus dangereuse chez les Celtes , notait ni Tare, ni Tépée; mais le couteau. Ils en armaient les Nains , qui triompliaient , avec cette arme 9 de Tëpée des Géants. L^enchantemcnt lait avec un couteau ne pouvait plus se rompre. L^ Amour gaulois devait donc être armé, non d^ un arc et d'un carquois, mais d'un couteau. Les manches de couteau dont il s'agit ici , sont des coquillages bivalves et alongés en forme de manche de couteau , dont ils portent le nom. Ou en trouve abondanuucut sur les grèves de la Normandie 9 où ils s'enfouissent dans le sable.

£t peut-être des procès si communs en Normandie, puisque cette pomme (ut,dans son origine, un présent de la Discorde. On pourrait trouver une cause, moins éloignée de ces procès , dans le nombre prodigieux de petites juridictions dunt ci'tle province eft remplie , dans &e& coutumes litigieuses, et sur-tout dans l'éducation européenne, qui dit à chaque homme, dès l'enfance : Sois le prenUer.

Il ne serait pas si aisé de trouver les causes morales ou physiques de la beauté singulièrement remarquable du sexe dans le pays de Caux, sur* tout parmi les filles de la campagne. Ce 5. 3o

466 KOTES

sont des yeux bleus , une délicatesse de traits , une fratcheur de toîiit f et des tailles qui feraient honneur aux plus jolies feniuics de la cour. Je ne connais quW autre canton dans tout le royaume , où les femmes du peuple soient aussi belles : c'est à Avignon. La beauté y a cependant un autre caractère. Ce sont de grands yeux noirs et doux, des nez aquilinst des têtes d'AngelIca Kauffinann. £a atteudaut que la philosophie moderne s'en occupe , on doit permettre à la mythologie des Gaulois de rendre raison de la beauté de leurs filles, par une fable que les Grecs n'auraient peut-être |)as rejetée.

'* PAGE ia6.

Peut-être est-ce des noms de ces deux dieux cruels du Nord, que s'est formé le mot de torture.

«a PAGE 129.

C'est Montmartre, Mons Martis, On sait que celte colline, dédiée à Mars , dont elle porte le nom , est formée d'un rucher de plâtre. D'autres, à la vérité, dérivent le nom de Montmartre de Mons martyrum. Ces deux étyniologies pcuveiil fort bien se concilior. S'il y a eu autrefois beaucoup de martyrs sur cette montagne, c'est (ju'il est probable qu'il y avait quelque idole fameuse à laquelle on les sacrlfjaîL

Les portes étaient dlflirlles à faire pour des peuples sauvaf^e» 4|UÎ ne connaîssai(*nt point Tusage de la scie, sans laquelle II <»sl fort malaisé do réduire un arbre en jilanrhos. Au.ssi qu.'MiH \U quittaient uu pays, ceux qui «ivaient des portes, \vs emporlaleul avec eux. On héros de N()rwège,d()nl je nr \\\c nipprlîf plus le nom, celui qui découvrit le Groenland, jeta les sieniio

t)K i/aucadik. f^^j

A Ia mer, pour coiinailn* où In AvMnn voubicnt le* fixer, i*t il «V'Iahlit flntm In \H\ri\v du (frol'iiUml où rllc*i alionlènttit. léVH porlri (!i Icum M*iiiU i^Uirut cl notil iriicurc iar.r<^fi datu rOrinil.

»» PAIIR iSi.

fi« noilt et la chtlaigni^ croÎMnit/^ une graudf» hauii«ur;mn!ii rm fruilN tomlM'ut quaud iU Notit mi\ni, rt iU tir Mf lirlNcnt pas flaiiN l(*ur rinitf*, r<Hntfic \rn friiiu mouN, qui cl'atllrurii vl«!nti<?ni »>ur di'i arbri!» far.ilra à ftncaladcr.

" PAOK tn».

hvH (tnuhiiN vivnirni, aiuNi (|ii(« Ioun \vh nuIroN piMipIcN Nau vagcN, (l(* houillic on tU*. fromiMilcV. LrN Koiiihuin cmu -nii^mrM oui ignore*, prinlnnl Iroi.H ctiiIn auM, rnsagr du p;iin. Snivaiil Pliiir, la houillir ou i'romciili^i* leur fiervail di* prinrijiali* nonrriliirr.

»' VKUK iHj.

On pri^lnid que tVnI raiirîriinr «'•gliiur dv Saiulr- (ifrtirvif>vi*| ^!lrv('(* ik IbU avaiil IVlakliatAcitifiil du rliriMlianiatinc* datiM In ijauli*».

>< P\OK i5g.

L'aiiNcrhin p<ilrutilla mc Irouvi* rr«^(|U(*nimcnl Nur h*H rivagn de* In Srinc* , aux rnvironh di* ParU. Klli* Ii*n rend quflqucroig ioul jnuurN à la fin dv VéU^^ par la nnilnir dr fia llrur. (^i*llc fliMir c*Nt en roikf%dr la largiMir «rniH! pic*Cf* di* u^ fiouii,iiauf« tigi^ ^Irvi^i*. Kll(* bpifiNi* la Irrn*, niiiKi cpir Htm irnillagi*, qui ii^Hritd fort loin en foruir di* r^nrau, Ln oi(*N aimoiil brattcoup rrlte planlr. Si*m riMiilIn m formi* di* pnli'N d'oii*, qui MOnl rolU^n rcHitro la Inn* , pcruioncnl aux oi^raux ai|iialiqun de a y praiiiciirr ('(Hitmi* Hur un i,\\m\ cl la rcuilnir jauitr di* nvn ilruri fornif iiu ruiilraiU* Irèi-agrc^alilc iww Taïur dr la rivirrc: cl la

** Mr,r 177*

^j/K *!/■ I/U ^ U< ^fiftii-hl 4'ttHi^fii \ii§f A$'^ |#^;pM« tnfAU^^ ^^i <^^ t'^^iittïf;i U4Çf^tU i , fft^U U^» i$»Ui ^m $t0' thti\\futtê-ut 4y$ tff*^ i^^

5^f lofip^f fil* f a|ifeiili»ii ftirt (Itirf k , lii* huU , «li* fiirrrr nu «If niir, h'iïrn avrr un art tifimirabli». Lit iialurr n «imur^ In coiucrvalion ilf» ftfitirnrfN AÇfté^é'VM^viï mulli|ilîaut Irum rrllulni , H «:rllf« flm urniriu'rM AoliUirra , tn foriifuiul leur» i*itv(«lu|)|ivii.

*• »K(\% lïïX

Il ftrnililf qur Ir itrfmîrr ^«tal ilr* nation» noit rrluî «lit barliarii*. Oh r«l l(*ut<'* ili* \r «roin* |Mr IVkc*m|»l«: «Ir» (jr«»c/i i avant Or|iliiV i (Icji Ar«'ailii*nn , miu» Lycaon; «Ir» (îauloi», non* li*» Druliltfi «livi Uoinaîiiit, avant Numa* «*t «l(* |ir«*Ac|u«* tnuii li*» ibaii\a|{fji lie rAini''i'ii|n««.

.Il* iiuiji |if«i'Auaili'' «|ur la barlarii* «*iit une nialadtr Hr IV nfance «Ici iiatiun.1 , (*t i|uVII«f pni «'•tran^rn* à la iiaturi* ili* riiominc** Klli* nVftt KUMvrnI «|u\ni«* réai tion du niai t\nr. dm |)rn|»li*a iiainManln i'|irimv(!nt ilc* la part cir It^uiA rnurmi*. ()«« niai Irur în;i|ilrr niir vriif^caïui* «raiitant plu* \ivc*, (|iii* la fcinulilution cl«* leur «''lai mt plua ai*^ k rruv^rufr* Ainni, Im prtih'â lii»r<lra naiiva^ni «lu Nouveau -Mcimlc* uiang**!!! r<^( ipriMpirnimt Irum IM'inoniiirrn «Ir f;urrrr , «pinifptr Irji lamiUrk «Ir la uiAnir pru« |ilj(lr vi\riil rntir rllr« «laiu unr parfailr iinûin. (!V*t |iar une raijifui urnililalilr «|nr Ir» aniniauk liiililr* «ont liraiicciup plua \înili«alifA «|ur Ir» ^rand*. l/alirillr rnlonir miii aiguillon danl la iiialii «pli «appnidir «Ir >a iiiilir; niai« IVli^pliant \oit |>aMrr pr^M t\v lui la 11^ lir du « lia*>rur , ftaiu ni* «Irluurnrr «Ir jiun « lirmin.

QurUptrfuia , la liarliarir *'lntrn«luil dan* unr nmii'l^ nai*naiitr, |iar Ir» individu» cpii »*agrf^rnt À rllr. TrIIr l'ut, «lan« rori^iiir , rrllr «lu pruplr romain , lonni^ rn partir «Ir lirif;an«U ra»iiniibl<'*» |iar ll<iniulu», rt «|ui nr roninirnr^rrnt irtrr civili»^A cpir |Mr Nunia. D'aulrr» loi», rllr »r lonimuntcpir romnir unr /'pid^niir k un pruplr d«^JÀ police, par U »iniplr lr«^«ptrnlation t\t ftr» voi»iii*. Trllc lut «rllr dr» Juirii , «pii, malgré U ftév^rtté dr Irur» Ipia^ Mcrifiaicnt dr» rnCinta aux idulr», à

r.cxemplc des Cananéens. Le plus souvent , elle s'incorpore 4 la législation d'un peuple par la tyrannie d^un despote , comme en Arcadie, sous Lycaon; et encore plus dangereusement, par riofluençe d'un corps aristocratujue qui la perpétue pour Tintérét de son autorité, jusque dans les âges de civilisation. Tels sont de nos jours les féroces préjugés de religion inspirés aux Indiens si doux , par leurs brames ; et ceux de rhonncur aux Japonais si polis , par leurs nobles.

Je le répète pour la consolation du genre humain : le mal moral est étranger à Thomme ainsi que le mal physique. Ils ne naissent Tun et Tautre que des écarts de la loi natqÉpe. La nature a fait Thomme bon. Si elle Tavait &it méchant , elle, qui est si conséquente dans ses ouvrages, lui aurait donné des griffes , une gueule , du venin , quelque arme offensive , ainsi qu'elle en a donné aux bêles dont le caractère est d'être féroce. Elle ne Fa pas seulement armé d'armes défensives , comme le reste des animaux ; mais elle Ta créé le plus nu et le plus misérable de tous, sans doute pour l'obliger de recourir sans cesse à l'humanité de ses semblables, et d'en user envers eux. La nature ne fait pas plus des nations entières d'hommes jaloux, envieux, médisants, désirant se surpasser les uns les autres, ambitieux, conquérants , cannibales , qu'elle n'en fait qui ont constamment la lèpre, le pourpre, la fièvre, la petite- véroie. Si vous rencontrez même quelque individu qui ait ces maux physiques , attribuez- les, à coup sûr, à quelque mauvais aliment dont il se nourrit , ou à un air putride qui se trouve dans son voisinage. Ainsi , quand vous trouvez de la barbarie dans une nation naissante , rappbrtez-la uniquement aux erreurs de sa politique ou à rinflueiicc de ses voisins, comme la méchanceté d'un enfant aux vices de son éducation ou au mauvais exemple.

Le cours de la vie d'un peuple est semblable au cours de la vie d'un homme , comme le port d'un arbre ressemble à celui de ses rameaux.

Je m'étais occupé dans mon texte, du progrès moral des so-

DE L^RCABIE. /^yi

cléiés : la barbarie , la cîvilisatîoa et la corruption. J^ayaîs jeté ici un cuu})-(rœil non moins important sur leur progrès naturel : Tenfancc, la jeunesse^ Fâge viril et la vieillesse; maïs ces rapprochements se sont étendus bien au delà des bornes d'une simple note.

D'ailleurs, pour porter sa vue au delà de son horizon, il faut grimper sur des montagnes trop souvent orageuses. Redescendons dans les paisibles vallées. Reposons-nous entre les croupes du mont Lycée, sur les rives derAchélous. Si le temps, les muses et les lecteurs favorisent ces nouvelles Etudes , il suffira à mes pinceaux et à mon ambition de pcMidre les prés , les bois et les bergères de Theurcuse Arcadie.

Page 1