‹ Œuvres complètes de Jules LaforgueChapitre 111 sur 151 · METTONS LE DOIGT SUR LA PLAIE · texte numérisé non relu

METTONS LE DOIGT SUR LA PLAIE

Que le pur du bonheur m’est bien si je l’escompte !... Ou ne le cueille qu’en refrains de souvenance !...

O rêve, ou jamais plus ! Et fol je me balance Au-dessus du Présent en Ariel qui a honte.

Mais, le cru, quotidien, et trop voyant Présent ! Et qui vous met au pied du mur, et qui vous dit : « A l'instant, ou bonsoir! » et ne fait pas crédit, Et m’étourdit le cœur de ses airs suffisants !

Tout vibrant de passé, tout pâle d’espérance,

Je fais signe au Présent : « Oh ! sois plus diaphane ? »

Mais il me bat la charge et mine mes organes I

Puis, le bateau parti, j’ulule: « Oh! recommence »

POÉSIES

Et lui seul est bien vrai ! — mais je me mords la main Plutôt ! (je suis trop jeune... ou, trop agonisant...)

Ah ! rien qu’un pont entre mon Cœur et le Présent !

O lourd Passé, combien ai-je encor de demains ?

O cœur aride Mais sempiterne, O ma citerne Des Danaïdes !...

DES FLEURS DE BONNE VOLONTE

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