‹ Œuvres complètes de Jules LaforgueChapitre 133 sur 151 · FIFRE · texte numérisé non relu

FIFRE

Ophelia : You are keen, my lord, you are keen.

Hamlet : It would cost you a groaning to take off my edge.

Ophelia : Still better and worse.

Hamlet : So you must take yourhusbands.

Pour un cœur authentique, Me ferais des blessures !

Et ma Littérature Fermerait boutique.

Oh ! qui me ravira !

C’est alors qu’on verra Si je suis un ingrat I

POESIES

O petite âme brave,

O chair fière et si droite !

C’est moi, que je convoite D’être votre esclave !

(Oui, mettons-nous en frais,

Et nous saurons après Traiter de gré à gré.)

— « Acceptez, je vous prie,

» O Chimère fugace,

» Au moins la dédicace » De ma vague vie ?... »

« Vous me dites avoir » Le culte du Devoir ?

» Et moi donc ! venez voir... »

DES FLEURS DE BONNE VOLONTE

DIMANCHES

Hamlet : I hâve heard of your paintings too, well enough. God hath given you one face, and you make yourselves another ; you jig, you amble, and you lisp, and nickname God’s créatures, and make your wantonness your ignorance. Go to ; l’il no more on’t ; it hath made me made. To a nunnery, go.

N’achevez pas la ritournelle,

En prêtant au piano vos ailes,

O mad’moiselle du premier.

Ça me rappelle l’Hippodrome,

Où cet air cinglait un pauvre homme Déguisé en clown printanier.

Sa perruque arborait des roses, Mais, en son masque de chlorose,

POÉSIES

Le trèfle noir manquait de nez !

Il jonglait avec des cœurs rouges, Mais sa valse trinquait aux bouges Où se font les enfants mort-nés.

Et cette valse, ô mad’moiselle,

Vous dit les Roland, les dentelles Du bal qui vous attend ce soir !

— Ah ! te pousser par tes épaules Décolletées, vers de durs pôles Où je connais un abattoir !

Là, là, je te ferai la honte 1 Et je te demanderai compte De ce corset cambrant tes reins De ta tournure et des frisures Achalandant contre nature Ton front et ton arrière-train.

Je te crierai : « Nous sommes frères!

» Alors, vêts-toi à ma manière,

» Ma manière ne trompe pas ;

» Et perds ce dandinement louche » D’animal lesté de ses couches,

» Et galopant par les haras ! »

DES FLEURS DE BONNE VOLONTÉ

Oh ! vivre uniment autochtones Sur cette terre (où nous cantonne Après tout notre être tel quel ! )

Et sans préférer, l’âme aigrie,

Aux vers luisants de nos prairies Les lucioles des prés du ciel;

Et sans plus sangloter aux heures De lendemains, vers des demeures Dont nous nous sacrons les élus.

Ah ! que je vous dis, autochtones !

Tant la vie à terre elle est bonne, Quand on n’en demande pas plus.

POÉSIES

Page 1