‹ Œuvres complètes de Jules LaforgueChapitre 132 sur 151 · SOIRS DE FÊTES · texte numérisé non relu

SOIRS DE FÊTES

Je suis la Gondole enfant chérie Qui arrive à la fin de la fête,

Pour je ne sais quoi, par bouderie,

(Un soir trop beau me monte à la tête ! )

Me voici déjà près de la digue;

Mais la foule sotte et pavoisée,

Ah ! n’accourt pas à l’Enfant Prodigue !

Et danse, sans perdre une fusée...

Ah ! c’est comme ça, femmes volages 1 C’est bien. Je m’exile en ma gondole (Si frêle !) aux mouettes, aux orages,

Vers les malheurs qu’on voit au Pôle !

— Et puis, j’attends sous une arche noire... Mais nul ne vient; les lampions s’éteignent; Et je maudis la nuit et la gloire !

Et ce cœur qui veut qu’on me dédaigne !

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