‹ Œuvres complètes de Jules LaforgueChapitre 34 sur 151 · A NOTRE-DAME DES SOIRS · texte numérisé non relu

A NOTRE-DAME DES SOIRS

L’Extase du soleil, peuh ! La Nature, fade Usine de sève aux lymphatiques parfums.

Mais les lacs éperdus des longs couchants défunts Dorlotent mon voilier dans leurs plus riches rades, Comme un ange malade...

O Notre-Dame des Soirs,

Que Je vous aime sans espoir !

Lampes des mers ! blancs bizarrants ! mots à vertiges ! Axiomes in articulo mords déduits !

Ciels vrais 1 Lune aux échos dont communient les puits ! Yeux des portraits! Soleil qui, saignant son quadrige, Cabré, s’y crucifige !

O Notre-Dame des Soirs,

Certe, ils vont haut vos encensoirs !

LES COMPLAINTES

Eux sucent des plis dont le frou-frou les suffoque; Pour un regard, ils battraient du front les pavés; Puis s’affligent sur maint sein creux, mal abreuvés ; Puis retournent à ces vendanges sexciproques.

Et moi. moi, Je m’en moque !

Oui, N,otre-Dame des Soirs,

J’en fais, paraît-il, peine à voir.

En voyage, sur les fugitives prairies,

Vous me fuyez; ou du ciel des eaux m’invitez;

Ou m’agacez au tournant d’une vérité ;

Or vous ai-je encor dit votre fait, je vous prie?

Ah ! coquette Marie,

Ah ! Notre-Dame des Soirs,

C’est trop pour vos seuls Reposoirs !

Vos Rites, jalonnés de sales bibliothèques,

Ont voûté mes vingt ans, m’ont tari de chers goûts. Verrai-je l’oasis fondant au rendez-vous.

Où... vos lèvres (dit-on!) à jamais nous dissèquent? O Lune sur la Mecque !

Notre-Dame, Notre-Dame des Soirs,

De vrais yeux m’ont dit : au revoir !

POESIES

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