‹ Œuvres complètes de Jules LaforgueChapitre 50 sur 151 · DE L’AUTOMNE MONOTONE · texte numérisé non relu

DE L’AUTOMNE MONOTONE

Automne, automne, adieux de l’Adieu !

La tisane bout, noyant mon feu ;

Le vent s’époumonne

A reverdir la bûche où mon grand cœur tisonne. Est-il de vrais yeux ?

Nulle ne songe à m’aimer un peu.

Milieux aptères,

Ou sans divans ;

Regards levants,

Deuils solitaires,

Vers des Sectaires !

POESIES

Le vent, la pluie, oh ! le vent, la pluie ! Antigone, écartez mon rideau ;

Cet ex-ciel tout suie,

Fond-il decrescendo , statu quo, crescendo ?

Le vent qui s’ennuie,

Retourne-t-il bien les parapluies ?

Amours, gibiers !

Aux jours de givre,

Rêver sans livre,

Dans les terriers Chauds de fumiers !

Plages, chemins de fer, ciels, bois morts, Bateaux croupis dans les feuilles d’or,

Le quart aux étoiles,

Paris grasseyant par chic aux prises de voiles :

De trop poignants cors M’ont hallalisé ces chers décors.

Meurtres, alertes,

Rêves ingrats !

En croix, les bras ;

Roses ouvertes,

Divines pertes !

Le soleil mort, tout nous abandonne.

Il se crut incompris. Qu’il est loin ! Vent pauvre, aiguillonne Ces convois de martyrs se prenant à témoins ! La terre, si bonne,

S’en va, pour sûr, passer cet automne.

Nuits sous-marines !

Pourpres forêts,

Torrents de frais,

Bancs en gésines,

Tout s’illumine !

— Allons, fumons une pipette de tabac,

En feuilletant un de ces si vieux almanachs,

En rêvant de la petite qui unirait

Aux charmes de l’œillet ceux du chardonneret.

POESIES

COMPLAINTE

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