‹ Œuvres complètes de Jules LaforgueChapitre 51 sur 151 · DE L’ANGE INCURABLE · texte numérisé non relu

DE L’ANGE INCURABLE

Je t’expire mes Cœurs bien barbouillés de cendres ; Vent esquinté de toux des paysages tendres !

Où vont les gants d’avril, et les rames d’antan ? L’âme des hérons fous sanglote sur l’étang.

Et vous, tendres D’antan ?

Le hoche-queue pépie aux écluses gelées ;

L’amante va, fouettée aux plaintes des allées.

Sais-tu bien, folle pure, où sans châle tu vas ?

— Passant oublié des yeux gais, j’aime là-bas...

LES COMPLAINTES

— En allées Là-bas 1

Le long des marbriers (Encore un beau commerce !) Patauge aux défoncés un convoi, sous l’averse.

Un trou, qu’asperge un prêtre âgé qui se morfond, Bâille à ce libéré de l’être; et voici qu’on

Le déverse Au fond.

Les moulins décharnés, ailes hier allègres,

Vois, s’en font les grands bras du haut des coteaux maigres !

Ci-gît n’importe qui. Seras-tu différent, Diaphane d’amour, ô Chevalier-Errant ?

Claque, ô maigre Errant !

Hurler avec les loups, aimer nos demoiselles, Serrer ces mains sauçant dans de vagues vaisselles !

POÉSIES

Mon pauvre vieux, il le faut pourtant ! et puis, va, Vivre est encor le meilleur parti ici-bas.

Non ! vaisselles D’ici-bas !

Au-delà plus sûr que la Vérité ! des ailes D’Hostie ivre et ravie aux cités sensuelles !

Quoi ? Ni Dieu, ni l’art, ni ma Sœur Fidèle ; mais Des ailes ! par le blanc suffoquant ! à jamais,

Ah ! des ailes A jamais !

— Tant il est vrai que la saison dite d’automne N'est aux cœurs mal fichus rien moins que folichonne.

LES COMPLAINTES

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