‹ Œuvres complètes de Jules LaforgueChapitre 82 sur 151 · AU LARGE · texte numérisé non relu

AU LARGE

Comme la nuit est lointainement pleine De silencieuse infinité claire !

Pas le moindre écho des gens de la terre, Sous la Lune méditerranéenne !

Voilà le Néant dans sa pâle gangue,

Voilà notre Hostie et sa Sainte-Table,

Le seul bras d’ami par l’inconnaissable,

Le seul mot solvable en nos folles langues !

Au delà des cris choisis des époques,

Au delà des sens, des larmes, des vierges, Voilà quel astre indiscutable émerge,

Voilà l’immortel et seul soliloque !

Et toi, là-bas, pot-aù-feu, pauvre Terre ! Avec tes essais de mettre en imbriques Tes reflets perdus du Grand Dynamique, Tu fais un métier, ah ! bien sédentaire !

l’imitation DE NOTRE-DAME LA LUNE

Page 1