‹ Œuvres complètes de LamartineChapitre 141 sur 186 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

pue par un de mes captifs, et que je voulais & prix d'argcDt lui fournir le moyen de s'évader.

Le lendemain, de grand malin, pendant que je balayais le vestibule et la gcdle, lu grand nombre de messieurs, vêtus de robes noires et rouges, vinrent lire au pauvre Hyeronimo son arrêt et lui signifier que le duc ayant ratifié la sentence, il n'avait plus de recours qu'en Dieu et qu'il avait quatre semaines et quatre jours pour se préparer à la mort.

11 devait être fusillé sur les remparts de Lucques, au milieu d'une petite place, devant la caserne des sbires, en réparation de ceux de cette caserne qu'il avait tués ou

Par bonheur, je n'assistai pas & la lecture de la sentence parce que, dans ces occasions, la justice ne laissait entrer avec elle que le bargello.

Quand ils sortirent, les hommes noirs disaient entre eux : — Quel dommage qu'un si jeune homme et un si bel adolescent ait un visage si trompeur et si candide! Avez- Yous vu de quel front tranquille et résigné il a entendu SiOD arrêt sans vouloir ni confesser son crime, ni demander sa gr&ce, ni insotenter la justice ? Ce serait un bien grand innocent, si ce n'était pas le plus précoce des hypocrites.

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PIOR D'ALIZA.

Pendant que j'entendais sans lever la tête de dessus le pavé, que je faisais semblant de laver avec mon eau et mon éponge, Dieu sait ce que je pensais en moi-mâme de la justice des hommes qui voit le crime et qui ne lit pas dans les cteurs.

Le dernier des juges qui sortait dit à l'autre :

— Il est fâcheux qu'on n'ait pas pu découvrir où celte jeune fille, sa complice, s'est enfuie de leur caverne dans les bois comme une biche sauvage» on aurait eu par elle tous les motifs et tous les détails du forfait I

Je compris par là qu'on m'avait cherchée et que, sans doute, on me cherchait encore, et que je devais plus que jamais éviter de me laisser reconnaître pour ce que j'étais. Toutes ,les fois qu'on frappait du dehors à la porte de fer de la prison, je laissais le pkcinino aller tirer le verrou aux étrangers, et, sous un prétexte ou l'autre, je montais dans ma tour pour éviter les regards des sbires ou des curieux. J*y passais mon temps à prier Dieu, et à apprivoiser la plus jeune des colombes.

11 ne m'avait pas fallu beaucoup de jours pour ta priver et pour en faire l'innocente messagère entre la lucarne de ma chambre et la lucarne du meurtrier ; à toutes les pen-

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