‹ Œuvres complètes de LamartineChapitre 168 sur 186 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

veotu en si peu de temps, et comment nous entritms Ams la ville de Lucques. Pourraù-je ne pag pleurer, quand j'y pense 7

Le lendemain du jour où le père Hilario nous avait déposés dans la nicbe obscure, sous l'escalier du couvent de Lucques, près de la prison où l'on servait la soupe des pauvres, il vint nous reprendre avec une permission du juge pour aller' revoir tant que nous voudrions le condamné à mort dans sa prison, parce que nous étions sa seule famille ; le bargeUo avait ordre de nous ouvrir la porte à toute heure du jour, - pourvu que le confesseur de l'homicide, frère Hilario, tût avec nous.

C'est ainsi que nous entrâmes, tout tremblants de peur et de désir à la fois, dans la grande cour vide de la prison, où roucoulaient les colombes, qui semblaient pleurer comme nous et se parler d'amour comme nos deux enfuits.

Le èargeUo et sa femme avaient eu l'égard de ne pas entrer avec nous et de refermer la porte derrière nous pour ne pas assister indiscrètement au désespoir d'un oncle et d'une mère qui venaient compter les dernières heures de kur enfant et de leur neveu.

Fior d'Aliza, avertie par le moine, avait eu le soin de ne paa s'ap[Ht)cher non plus trc^ près pour que nous ne

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QOLLB jetassions pas follement, en nous revoyant, dans les bras les uns des autres ; mais j'aperçus sa tête ai belle et tout éplorée qui s'avançait, malgré elle, pour nous entrevoir de derrière un noir pilier du cloître, où elle se cachait bien loin de nous I Ab ! que sa vue me fit peiae et plaisir & la fois, monsieur 1 Je sentis fléchir mes jambes sous moi, et, sans l'épaule de mon frère, à laquelle je me retins, je serais tombée à terre ; le petit chien Zampogna, qui l'avait reconnue avant nous, jappa de joie en voulant s'élancer vers elle, mais je le retins par sa chaîne, et nous fCkmes bientôt devant la grille ouverte du cachot d'Hyeronimo.

11 nous attendait, le pauvre enfant; il se jeta, quand il nous vit, aux genoux de son oncle et de moi comme pour nous demander pardon de toutes tes tribulations involontaires que l'ardeur de défendre sa cousine et nous avait fait fondre sur la maison. Son oncle pressait sa tête contre ses genoux chancelants d'émotion ; moi, je pleurais sans rieo lui dire que son nom dans mes sanglots, en tenant sa main toute mouillée dans la mienne.

Le petit chien qui avait reconnu son ami, secouait sa chaîne pour s'élancer sur Hyeronimo, jappait de toute sa joie, et, ne pouvant s'uppuyer, pour le lécher, sur ses deux

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